Risque et nouvelles technologies / Analyse

Le dernier rapport annuel du World Economic Forum (WEF) présente un point de vue plutôt optimiste quant à l’équilibre entre les risques et les avantages des nouvelles technologies. Elles sont à la fois de nouveaux défis et de nouvelles opportunités. En 1939, l’économiste Joseph Schumpeter expliquait les cycles économiques par l’innovation qui est, selon lui, à la fois source de croissance et facteur de crise: c’est ce qu’il nomme «la destruction créatrice».

Nous avons connu ces dernières années une véritable explosion des nouvelles technologies, rendant ainsi les acteurs économiques encore plus dépendants. Prenons quelques exemples de FinTech – désignant les start-ups innovantes utilisant la technologie pour repenser les services financiers et bancaires – développant les prêts de particuliers à particuliers (peer-to-peer lending) ou rassemblant les activités de financement participatif (crowdfunding) à travers des plateformes dédiées; les monnaies virtuelles; ou encore les Robo-advisors, des systèmes de gestion automatisés permettant d’assurer la gestion d’un portefeuille de produits financiers en ligne.

L’intelligence artificielle (IA) connaît également une utilisation de plus en plus importante en finance. L’IA consiste à mettre en œuvre des techniques permettant aux machines d’imiter une forme d’intelligence naturelle, dans le but de remplacer l’humain dans certaines prises de décisions.

L’utilisation de ces nouvelles technologies est source de risques avérés. Citons les problèmes de protection des données (Cambridge Analytica), la cybercriminalité, la réduction de certaines catégories d’emplois et le renforcement de la régulation des marchés financiers.

La mise en œuvre et le contrôle des nouvelles technologies nécessitent donc des compétences accrues. S’il est vrai que certains métiers vont disparaître, d’autres, tels que la gestion des risques et les fonctions d’audit, devront être renforcés et spécialisés. Le rapport annuel du WEF souligne par ailleurs le fait que toute nouvelle technologie doit être développée parallèlement à un système de bonne gouvernance.

Les nouvelles technologies, ce n’est plus un choix, elles sont là. Ne les laissons pas nous contrôler, restons intelligents naturellement et l’intelligence artificielle nous sera d’un grand support. Gardons le contrôle, notamment au travers de règles de bonne gouvernance et de lignes de défense fortes. Les risques en seront d’autant plus maitrisés.

Luc Neuberg

Alrim