Rien ne sert vrombrir…

L’anecdote est croustillante et connue des seuls passionnés: à l’aube des années 80, Harley Davidson, dont la qualité des motos était à l’époque quelque peu rustique, était près de déposer le bilan. Et la firme ne dut son salut qu’à l’intervention du 40e président des Etats-Unis d’Amérique, Ronald Reagan. Qui, pour sauver la firme du Wisconsin, imposa des droits de douane sur toutes les motos importées d’une cylindrée supérieure à 750 cm3. Autrement dit, à toutes les machines concurrençant les gros moteurs en V de Harley . Un succès – mieux, un «Triumph» – pour Ronald Reagan.
Pas sûr que le 45e président américain obtienne le même succès avec sa politique douanière. Savoureusement, le coup de pied de l’âne vient de lui être porté par… Harley Davidson. La firme de Milwaukee vient d’annoncer que, face aux mesures douanières de rétorsion instaurées par les Européens, elle allait délocaliser une partie de sa production: celle destinée à l’exportation. Avec 40.000 motos vendues, l’Europe est le deuxième marché du constructeur chéri des bikers. Stratégique. Ou du moins suffisamment important pour que Harley n’ait pas la reconnaissance du ventre.
Il n’y a pas que les entreprises qui critiquent la politique douanière de Trump. Les élus des circonscriptions touchées par les représailles européennes – principalement pro-Trump – s’y mettent également. Ce lobbying ciblé fera-t-il rentrer Donald dans le rang? S’il persiste, on pourra toujours essayer de taxer Twitter…

Marc Fassone

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