Renouveau… Social-démocratie

Jacques Hillion / La cartographie européenne de la social-démocratie n’affiche pas des partis socialistes en grande forme. Quand ils n’ont pas été relégués dans l’opposition lors des précédentes élections, ils ont explosé en vol, comme en France. Au Luxembourg, les communales n’ont pas été une franche réussite. Certes, le LSAP reste le deuxième parti au niveau local et confirme ainsi sa place nationale.

Pourtant, au-delà d’une propension chez certains de ses leaders à ne voir que le verre à moitié plein – ce qui n’est pas sans fondement au regard des chiffres bruts –, les faits ne trompent pas. D’élections nationales en joutes communales, les électeurs se font moins nombreux. Les sondages le confirment les uns après les autres et jouent, même si ce n’est pas leur rôle, les oiseaux de mauvais augure. Et ce ne sont pas les tribunes de membres du LSAP – et non des moindres – sur l’avenir de leur parti, qui fleurissent ces temps-ci, qui masquent le malaise. La social-démocratie est malade du libéralisme. Du libéralisme économique en premier lieu. C’est la matrice qui donne le la, ordonne la globalisation. Même dans les rangs socialistes, ils sont de plus en plus nombreux à succomber à ses atours. Du libéralisme culturel en second lieu. Ce dernier n’est plus sa panacée, la tolérance au plan sociétal ne répondant plus au simple clivage gauche-droite. Les marges de manœuvre s’en trouvent donc singulièrement réduites.

Le champ social reste l’élément essentiel des partis progressistes. Toute la difficulté est de l’intégrer dans les mécanismes de politique économique. C’est loin d’être le cas au niveau européen – les socialistes français en ont pâti – même si le Luxembourg peut se targuer d’être plutôt bien loti de ce côté. Ce qui, d’après le dernier sondage du Tageblatt, ne profite pourtant pas à la coalition sortante, encore moins au DP et au LSAP.

Il reste l’écologie. Surfer sur le succès des Verts qui, ici, ne connaissent pas la crise électorale. Le sujet est porteur et tous les partis s’en sont emparés. Le cri d’alarme du début de semaine de quelque 15.000 chercheurs – «Bientôt, il sera trop tard» – en rappelle l’urgence. Il y a là, en tout cas, des pistes de réflexion pour le camp progressiste. Lequel doit tenir compte du calendrier électoral. A un an des élections législatives, il n’est peut-être pas bon de vouloir tout chambouler et se présenter devant l’électeur avec un habit neuf. D’autant que le même sondage laisse à penser que la coalition qui aurait, à ses yeux, le vent en poupe se conjuguerait en rouge et noir. Une nouvelle forme de conservatisme?