Les marchés actions ont fortement corrigé en octobre : du 01 au 24 octobre, l’indice S&P 500 a perdu 9,1% (Total Return, USD), et l’indice EuroStoxx 50, 8,9% (Total Return, EUR) par exemple.
Comme en février dernier, la hausse des taux longs américains a été un des déclencheurs de la prise de profits, qui s’est rapidement propagée à l’ensemble des marchés. L’orientation de la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine (Fed) est en effet un catalyseur de tels événements de marché, qui sont par ailleurs amplifiés par des stratégies systématiques dont le poids est croissant.
La normalisation de la politique monétaire de la banque centrale américaine va néanmoins se poursuivre, et ce pour plusieurs raisons.
D’une part, l’économie américaine a atteint le plein emploi après dix ans d’expansion continue. L’enjeu de la relance budgétaire de l’administration Trump est donc de créer un choc d’offre pour stimuler la croissance de la productivité sans générer d’inflation salariale.
Les données du PIB du troisième trimestre montrent toutefois que l’investissement commence à stagner aux États-Unis, éloignant les espoirs de gains de productivité.
En outre, on observe une hausse des salaires régulière qui finira par se refléter dans les prix. A cela s’ajoute la hausse des tarifs douaniers voulue par M. Trump, qui devrait aussi stimuler l’inflation.
Le mandat de stabilité des prix de la Fed la contraint ainsi à poursuivre le durcissement de sa politique monétaire en remontant ses taux directeurs et en réduisant son bilan.
L’époque du Fed Put, c’est-à-dire des assouplissements monétaires destinés à soutenir le marché, est bien derrière nous. La Banque centrale ne s’est d’ailleurs pas émue de la volatilité récente des marchés, et sa politique de resserrement monétaire devrait en provoquer à nouveau.
Outre ces éléments structurels, la forte participation aux volumes d’échanges de stratégies systématiques contribue aux mouvements de stress de marché. La correction du mois de février avait été dominée par des débouclements de positions sur des stratégies d’arbitrage de volatilité et dans une moindre mesure les flux sur les contrats futurs ont pesé en octobre.
La phase de politique accommodante des banques centrales étant essentiellement révolue, les investisseurs doivent s’attendre à d’autres épisodes de volatilité.
Des marchés dominés par les sentiments et par les flux peuvent cependant présenter des opportunités attractives.
David Seban-Jeantet, Société Générale Private Wealth Managemen




