Réfugiés: Voir plus loin que le primo-accueil

Le foyer à Mersch héberge 29 personnes...Photo: Editpress / Alain Rischard

Le hall 6 de Luxexpo a ouvert aujourd’hui ses portes pour accueillir 360 réfugiés. La structure est gérée par la Croix-Rouge luxembourgeoise et l’Office luxembourgeois de l’intégration et de l’accueil (OLAI). L’installation est réservée au primo-accueil, le temps de voir un médecin et de débuter les démarches de la procédure de demande de protection internationale afin d’obtenir (ou non) le statut de réfugié, soit environ deux jours.

Les demandeurs de protection internationale seront ensuite redirigés vers les foyers ou structures d’accueil du pays. A l’intérieur du hall 6, les réfugiés seront installés sur des lits de camps dans des grandes tentes, pour assurer un minimum d’intimité.

La Ville de Luxembourg a donné hier quelques détails sur les mesures d’intégration des réfugiés. Intégration qui commence, selon la bourgmestre Lydie Polfer, « quand le statut leur est accordé ». Deux classes scolaires ont déjà été ouvertes à Weimerskirch, où l’enseignement porte en particulier sur les langues, que ce soit le français ou l’allemand.

L’Asti (Association de soutien aux travailleurs immigrés) pense déjà plus loin et veut aider à structurer l’élan de solidarité de nombreux bénévoles. Deux séances d’informations destinées aux candidats au bénévolat avec des réfugiés ont déjà ressemblé 80 personnes, des membres de l’Asti mais pas seulement.

L’association propose ainsi régulièrement des rencontres pour et entre bénévoles pour aborder les défis d’un tel engagement ou, très concrètement, les différents statuts de protection internationale, les repères culturels, historiques, sociologiques et religieux des nouvelles populations arrivant au Luxembourg ou les situations linguistiques.

Devenir « coach à l’intégration « 

A noter que le service de traduction orale directe offre ses services pour des groupes du luxembourgeois ou du français vers l’arabe ou le serbo-croate, que ce soit pour des réunions de parents ou des réunions de résidents d’une commune, par exemple. La formation pour ces traducteurs oraux bénévoles, qui peuvent aussi intervenir lors d’activités de loisir, est dispensée par l’Asti.

L’accent est aussi mis sur la pratique des langues à travers des coaching linguistiques en luxembourgeois et en français ou la mise en place et l’animation de tables de conversation. Un « tandem de langues » permet encore d’apprendre une langue à l’autre qui, en contre-partie vous apprend  sa langue.

Dans le cadre du projet européen AMIF ( Asylum, Migration Integration Fund) subventionné à 50% par la Commission européenne et 50% par l’Olai, l’Asti forme aussi des bénévoles pour devenir « coach à l’intégration » pour les réfugiés ayant obtenu le statut. Il s’agit de les accompagner dans la recherche d’un emploi ou d’un logement, de cours de langue, d’activités de loisirs… 25 personnes se sont déjà proposées.

Un réseau de bénévoles formés

L’Asti, qui gère depuis le 15 septembre 2015 le foyer pour demandeurs de protection internationale à Mersch, y développe un projet pilote d’accompagnement des bénévoles actifs au sein de la structure d’hébergement. Le but est, à terme, de créer un réseau de bénévoles formés et de  proposer une véritable charte du bénévolat en matière de l’accompagnement de demandeurs de protection internationale (DPI), reproductible dans d’autres structures et dans d’autres communes.

De même, l’Asti va documenter, pour fin 2016, un relevé d’activités au sein des la commune, auxquelles les DPI sont associés. L’idée est, là aussi, de pouvoir être repris comme modèle par d’autres communes accueillant de telles structures.

Pour réduire les peurs et les réticences dans l’accueil et l’intégration, notamment des réfugiés, l’Agence interculturelle de l’Asti – conventionnée avec l’Olai – informe et accompagne sur demande des communes les efforts d’intégration locale notamment dans le cadre du Plan communal Intégration. Ce samedi 24 octobre aura lieu une rencontre régionale sur l’accueil et l’intégration des réfugiés dans la région Müllerthal, par exemple.

Mais, insiste l’Asti, il ne s’agit pas seulement de proposer des projets d’intégration aux réfugiés, l’offre s’adresse aussi aux autres migrants, voire aux personnes en marge de la société. « Nous estimons que les projets et forces qui se mobilisent en faveur de l’accueil et l’intégration des réfugiés devraient également être ouverts et accessibles aux autres populations avec des problèmes d’inclusion » précise la présidente Laura Zuccoli.

LH

Infos: www.asti.lu

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