Réenchanter / Pourquoi Emmanuel Macron doit réussir

Olivier Tasch / Le président de la République française a fait une courte halte au Luxembourg, le temps de recevoir un soutien indéfectible de la part du Premier ministre, Xavier Bettel. Il en a bien besoin, car après un printemps et un été passés à marcher sur l’eau, Macron est au bord de la noyade. Sa cote de popularité est au plus bas. Rien de bien surprenant, le premier été d’un président français est toujours meurtrier.

Des vacances voulues sous le signe de la sobriété n’auront évidemment pas suffi à atténuer les premiers couacs, comme la réduction des aides au logement, ou à dissiper les inquiétudes concernant les coups de canif qui se préparent à transpercer le code du travail. Les Français sont impatients. Pourtant, déjà, le chômage amorce une décrue et retrouve le même niveau qu’à la veille de l’élection de François Hollande, en 2012. Evidemment, elle n’est pas à mettre au bénéfice du président fraîchement élu, mais le signal est positif et suggère une reprise économique. Sans compter que la croissance est meilleure que prévue… Ici, le parallèle avec la situation de Xavier Bettel est aisé. Voilà deux dirigeants qui, pour l’instant, affichent un bilan positif qui ne se reflète absolument pas dans leur cote de popularité. Bien sûr, la politique n’est pas un concours de sympathie…

Vu du Luxembourg, on ne retiendra pourtant pas en premier lieu les turbulences auxquelles Macron doit faire face, mais bien plutôt son agenda européen qui a de quoi séduire. Car si les Français sont impatients, les Européens le sont sans doute encore plus. La poussée eurosceptique reste bien trop forte et, pour la contenir, la nécessité pour les Etats européens de se doter d’un bras social musclé est toujours plus importante.

Le message qu’est venu transmettre Emmanuel Macron au Luxembourg est, en ce sens, fondamental. Il prône notamment la lutte contre le dumping social, dans la droite ligne de ses sorties lors de sa tournée en Europe de l’Est au cours de laquelle il a qualifié la directive sur les travailleurs détachés de «trahison de l’esprit européen» favorisant le moins-disant social et les populismes. Le Premier ministre belge, également de la partie au Luxembourg, s’est voulu plus lyrique et propose de réenchanter le projet européen. L’Europe en a follement besoin et on ne peut qu’espérer que ce joyeux trio emmené par le président français ne se résume pas à un énième feu de paille…

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