Record de saisies de cocaïne pour la douane en 2017

C’est un record: les douaniers ont saisi en 2017 plus de neuf tonnes de cocaïne, dont le trafic emprunte une « nouvelle route » par le Pacifique où plusieurs prises exceptionnelles ont été réalisées.

Avec 9,2 tonnes de cocaïne interceptées en France et en haute mer l’année dernière, les douaniers battent leur précédent record de 2015 (8,6 tonnes), selon leur bilan annuel présenté mardi par le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin au port fluvial de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). « Nous constatons l’apparition d’une nouvelle route de la cocaïne, qui quitte l’Amérique du sud, passe par le canal de Panama avant d’être livrée en Australie et en Nouvelle-Zélande. On se retrouve sur la route des trafiquants », explique à l’AFP la Direction générale des douanes. Ainsi, trois voiliers qui naviguaient dans le Pacifique sud au large de la Polynésie française et des îles Tonga ont été interceptés en janvier et novembre avec à leur bord un total de 2,8 tonnes de cocaïne.

Le record de saisies peut également être mis en parallèle avec la hausse de 50% des plantations de coca en Colombie, principal producteur de cocaïne d’Amérique du sud, passées de 96.000 à 146.000 hectares entre 2015 et 2016, selon l’ONU.

Au total, près de 100 tonnes de stupéfiants, dont 64,7 tonnes de cannabis, ont été interceptées l’an passé, à la fois en France, en haute mer et à l’étranger grâce aux renseignements des douaniers français. A noter également les saisies, inédites en France, de 750.000 comprimés de captagon à l’aéroport de Roissy.

Dans la foulée des attentats du 13-Novembre, cette substance avait un temps été décrite comme « la drogue du conflit syrien » ou « la drogue des jihadistes » avant que l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ne conteste cette appellation en évoquant un « mythe ». Le second record spectaculaire de l’année 2017 concerne les saisies d’avoirs criminels, essentielles dans la lutte contre le crime organisé mais également le financement du terrorisme.

Maisons, voitures, comptes bancaires… Le montant du patrimoine confisqué ou identifié par les douaniers s’élève à 862 millions d’euros, en hausse de 477% par rapport à 2016. Cette montée en puissance de la lutte contre les flux financiers illicites, dont la douane a fait l’une de ses priorités, s’explique notamment par la loi antiterroriste de juin 2016, qui a élargi les pouvoirs d’enquête des douaniers en matière de blanchiment de fonds illicites. La lutte contre le terrorisme passe également par le renforcement des contrôles aux frontières extérieurs et intérieures de l’espace Schengen.

Sur les 7 millions de personnes contrôlées en 2017, plus 2.000 se sont vu refuser d’entrer sur le territoire, deux fois plus qu’en 2016. Une mission confortée par le recrutement et la formation de 500 douaniers en 2017, qui s’ajoutent aux 500 agents déjà engagés en 2016, comme l’avait décidé l’ancien président François Hollande trois jours après les attentats du 13-Novembre. La douane a également saisi davantage d’armes à feu, 958 contre 860 en 2016.

Une activité clef puisque ce trafic est de plus en plus souvent connecté avec les réseaux terroristes. Comme chaque année, 2017 a également offert son lot de prises exotiques. Une demi-tonne d’écailles de tortues marines menacées d’extinction, destinées à la production de lunettes, peignes ou pendentifs, a ainsi été découverte dans des cartons à Roissy.

L’aéroport parisien, terrain de chasse de choix des douaniers avec 65 millions de passagers chaque année, a également vu un voyageur débarquer du Bénin avec un python royal dans sa valise. Ces succès probants ont été éclaboussés par les affaires. Trois hauts responsables du service de renseignement des douanes (DNRED) et un ancien cadre ont été mis en examen dans une enquête sur des soupçons de collusion avec des informateurs après une saisie suspecte de 43 tonnes de café contrefait au Havre en juillet 2015.