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Merkel remporte les élections en Allemagne,mais l’extrême droite entre au Bundestag

Jacques Hillion / La défaite du Front national avait, pour beaucoup, sonné le glas du populisme triomphant en Europe. Le succès de l’AfD en Allemagne remet les pendules à l’heure avec brutalité. Longtemps protégé des affres de l’extrême droite pour des raisons tant historiques que pragmatiques, Berlin doit aujourd’hui faire face à l’entrée fracassante de l’idéologie xénophobe et raciste au Bundestag.

Angela Merkel remporte malgré tout les élections. De cette petite victoire – la CDU, son parti, a réalisé son plus mauvais score depuis 1949 –, l’optimiste retiendra le verre à moitié plein. L’accueil de plus d’un million de migrants et de réfugiés, thème central pour ne pas dire unique de la campagne, ne l’aura pas empêchée de gagner. Preuve qu’une politique courageuse et volontaire est toujours possible. Et si elle est assumée et défendue, elle est aussi reconnue par l’électeur.

Belle leçon pour les socio-démocrates, grands perdants de ce dimanche électoral. Il est grand temps qu’ils remettent en cause leur positionnement, qui donne du grain à moudre à leurs détracteurs et fait fuir leurs électeurs traditionnels.

Certes, le devoir de solidarité affiché par Angela Merkel a nourri l’AfD.

L’étranger sert de bouc émissaire. Ce sont d’ailleurs les Länder de l’Est, ceux de l’ancien bloc soviétique, là où les étrangers sont les moins nombreux, qui ont plébiscité l’AfD. Ce sont aussi les territoires qui, d’un point de vue économique, sont à la traîne, ceux à qui la mondialisation profite peu. Le résultat de l’équation est connu.

Le succès de cette extrême droite principalement dans ce qui correspond à feu la RDA redessine la carte de l’Europe en mettant de nouveau l’accent sur une division Est-Ouest, pays occidentaux face à ceux de Visegrad.

La coalition qui se mettra en place à Berlin devra répondre à cette nouvelle montée en puissance des anti-européens, qui n’est pas sans provoquer moult inquiétudes. Elle ne pourra cependant pas le faire sans l’Europe.

Une UE qui doit penser à protéger ses citoyens. Macron s’est déjà engagé sur ce chemin avec des propositions pour relancer la construction européenne. Les premières réactions sont favorables…