En quête d’alliés en Europe, Macron rencontre jeudi les dirigeants du Benelux

French President Emmanuel Macron

Après le Danemark et la Finlande fin août, Emmanuel Macron se rend jeudi au Luxembourg pour y rencontrer les dirigeants du Benelux puis verra vendredi Angela Merkel à Marseille, poursuivant sa recherche d’alliés face aux nationalistes eurosceptiques.

Il déjeunera jeudi avec les Premiers ministres du Luxembourg, Xavier Bettel, des Pays-Bas, Mark Rutte, et de la Belgique, Charles Michel avant d’enchaîner avec une « consultation citoyenne » sur l’avenir de l’Europe à 17h00 à la Philharmonie de Luxembourg.

Il retrouvera la chancelière allemande à Marseille vendredi.

A l’approche des élections européennes de mai 2019, ces entretiens devraient porter sur les grands dossiers qui divisent sur le Vieux-Continent, en tête la politique migratoire, une question encore ravivée par les violences de l’extrême droite allemande, ainsi que le budget européen, la création d’une Europe de la défense ou encore les négociations du Brexit.

Emmanuel Macron a endossé le rôle d’opposant principal aux gouvernements nationalistes anti-migrants comme l’Italie et la Hongrie, défendant avec la chancelière une ligne plus modérée sur la politique migratoire, après les crises de l’été provoquées par le refus de Rome d’accueillir des bateaux humanitaires.

La France s’oppose par ailleurs aux pays du nord de l’Europe, en particulier aux Pays-Bas, sur les questions budgétaires et fiscales. Huit pays du nord se sont déclarés opposés à la mise en place d’un budget de la zone euro souhaitée par Paris, en réclamant plutôt une plus forte rigueur budgétaire dans les pays du sud.

Angela Merkel a accepté avant l’été le principe d’un tel budget mais sans s’avancer sur les montants importants espérés par la France. Le conseil européen de juin n’a pour l’instant accepté que d’examiner la question. Avec Angela Merkel, qu’il n’a pas vue depuis le conseil européen de fin juin mais qu’il appelle très régulièrement, Emmanuel Macron pourrait aussi discuter des candidats en lice pour la présidence de la Commission européenne en 2019, un sujet de discorde potentiel entre les deux dirigeants. Sans fermer la porte à d’autres candidats, Angela Merkel soutient pour l’instant Manfred Weber, président du groupe du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen, principal parti de l’hémicycle. Le PPE regroupe divers partis de droite, allant des Républicains en France à la CDU de Merkel mais aussi le parti nationaliste du Premier ministre hongrois, Viktor Orban. « Je salue cette candidature. Il y a encore plusieurs étapes à franchir, d’autres candidatures peuvent intervenir. Le choix se fera lors du congrès du PPE en novembre à Helsinki. Mais je redis que je soutiens cette candidature de Manfred Weber », a déclaré mercredi la chancelière. Elle laisse entendre en tout cas qu’elle se pliera à la règle du « Spitzenkandidat », par lequel les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris l’habitude depuis 2014 de désigner comme président de la Commission le chef de file du parti ayant recueilli le plus de voix aux élections européennes. Avant cette date, les dirigeants de l’UE se mettaient ensemble d’accord sur un nom, après des tractations incluant d’autres postes dirigeants, par exemple le président de la Banque centrale européenne.

Emmanuel Macron, lui, s’est toujours opposé à cette règle informelle et préfèrerait réunir les chefs d’Etat et de gouvernement sur son propre candidat. Soutenu par Daniel Cohn-Bendit, il souhaite créer une force anti-populiste en Europe, issue d’une scission du Parti populaire européen en excluant des partis populistes comme celui d’Orban. Pour l’instant, le président français n’a pas dévoilé le nom de son favori.