Pour quelques dollars de plus… / vu des marches

Ce serait presque une ambiance de western. A la Sergio Leone, avec la musique ad hoc, signée Ennio Morricone, pour souligner l’atmosphère. Un film où les chasseurs de primes de l’Ouest sauvage montrent les muscles, aux limites de l’attitude sans foi ni loi, en ricanant.

Et pour quelques dollars de plus…

Il y a du duel dans l’air. Les colts sont prêts à être dégainés…

Oui, la tension se fait sentir dans le monde des investisseurs. Elle est palpable, étant donné que les incertitudes entourant les perspectives économiques des marchés émergents – et, dans une moindre mesure, de l’Europe et du Japon – se sont accrues.

Le fait d’être dans la ligne de mire du shérif Trump met les investisseurs plutôt mal à l’aise pour évaluer la résilience de ces économies face à l’impact commercial potentiel.

Ces préoccupations ont donc continué d’influencer les sentiments.

Dans l’intervalle, la croissance économique globale, de même que le bénéfice par action (BPA), est et devrait rester assez solide.

Plus que probablement pas aussi fort que ce à quoi nous nous attendions au début de cette année, mais suffisamment décent pour soutenir les marchés boursiers.

Toutefois, les investisseurs devraient maintenant reconnaître que la grande crainte de l’inflation, qui aurait poussé les taux beaucoup plus haut et aurait pu mener à un effondrement du prix des obligations – et, par effet d’entraînement, de certaines valorisations d’actifs risqués –, s’est estompée.

Ce risque-là ne s’est pas vraiment matérialisé: l’inflation n’est pas en recul, les hausses des taux de la Fed ont été clairement communiquées pour les six mois à venir et… tant la Banque centrale européenne que sa consœur du Japon ont anéanti les anticipations d’un resserrement significatif de la politique monétaire dans un proche avenir.

Mais… Suspense.

Car tout n’est pas encore complètement fini: les taux bas dans le reste des économies des marchés développés maintiennent également les taux longs américains à un niveau anormalement bas, compte tenu des perspectives économiques des Etats-Unis, en termes de croissance, d’inflation et de déficit budgétaire.

Et, comme d’habitude, les Etats-Unis sont les principaux bénéficiaires de ce scénario de forte croissance économique intérieure, quelque peu isolée. Et également des faibles taux globaux dans les économies développées.

A ce stade du scénario, à l’instar des chasseurs de primes de l’Ouest sauvage, nous croyons que le courage de poursuivre l’amélioration de la prime de risque sur actions, en augmentant notre risque d’un cran, va être récompensé à l’avenir.

On ne s’attend pas à ce que bravoure rime avec génie ou audace. Mais soyons simplement ennuyeux en ajoutant, de façon générale et sans préférence sectorielle, des actions américaines.

Fin heureuse ou pas, dans le duel, c’est toujours le marché américain qui gagne…

Fabrizio Quirighetti,

SYZ Asset Management