Quatorze juillet

Peut-on aimer la France?

Comme toutes les fêtes nationales, le 14 Juillet est un marronnier. Pourtant, les célébrations changent d’une année à l’autre.
Certains présidents firent d’Assad un invité d’honneur, d’autres pavoisent avec Donald Trump. Ce qui reste, en définitive, ce sont, à chaque fois, les critiques des médias qui trouvent à redire dans un cas comme dans l’autre, à l’image des lobbies défendant leurs chapelles respectives.
A-t-on, en 2017, le droit d’écrire au Luxembourg que l’on aime la France? Sa langue, sa culture, ses caractères nationaux, ses océans et mers, ses montagnes, ses régions, ses excès, ses bonheurs, ses déprimes?
Espérons-le, sans quoi, la liberté serait entravée. Liberté de penser, liberté d’expression, liberté d’aimer et de détester.
Oui, on peut aimer la France avec ses contradictions et ses incohérences, au-delà de sa classe politique, de ses syndicats, de ses riches et de ses extrémistes religieux. Au-delà de ses centrales nucléaires, de ses retards dans l’environnement et dans l’intégration.
Au-delà de son arrogance quelquefois.
Oui, on préfèrerait que les liens de demain redeviennent ceux d’hier, d’autant que nombre de nos étudiants profitent d’un système universitaire ainsi que de grandes écoles toujours exceptionnelles et que nombre de nos malades se font «retaper», là-bas, en France. Sans parler de l’apport culturel immense, de Paris évidemment, mais de bien d’autres métropoles de l’Hexagone.
Les falaises de Normandie, les plages de Bretagne, un marché du Lubéron, un vieux château du Quercy, le luxe (et alors?!) de la french Riviera, la simplicité d’un gîte pyrénéen… C’est ça la France, chante Marc
Lavoine.Alors, inculquons à nouveau à nos enfants et adolescents cette riche proximité, cette part de nous-mêmes à l’heure du Brexit et de Google ou d’Amazon. Ce sera, pour eux, juste une plus-value.
Ces mots se veulent être un message de bienvenue au nouvel ambassadeur de France au Luxembourg. Car nous comptons – beaucoup – sur lui pour retisser les liens et être le meilleur agent de «marketing» de son pays.
Et que ceux qui confondent – naïvement ou bêtement – politique et amitié entre les peuples et les pays se rendent compte, des deux côtés de la frontière (Schengen), que même au XXIe siècle, il urge de se remémorer que la paix est un bien infiniment précieux.

Danièle Fonck

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