La puissance vaut bien une messe / Société

Danièle Fonck / Dans nos contrées, on s’intéresse peu à la Suisse, si ce n’est pour descendre quelques cimes à ski ou en escalader à la corde. Pourtant, si on en faisait le compte, on s’apercevrait du nombre croissant de femmes abandonnant leur carrière politique, à tous les échelons.

Pourquoi? La réponse n’est pas toute trouvée. L’est-elle d’ailleurs jamais? L’affaire Weinstein, désormais presque sortie des mémoires, posait des questions similaires.

Pourquoi tant de femmes maltraitées par un bout de lard ont-elles dû attendre d’être au sommet de leur art et dans la fleur de l’âge pour dénoncer le parvenu malfamé? Pourquoi ses pairs le protégeaient-ils? Pour l’argent, pour la puissance – ou une pseudo-puissance –, par solidarité entre «potes»?

Quel est donc le mécanisme (ou serait-ce un gène non découvert) qui fait que tant d’hommes courent derrière un mâle dominant, le protègent et s’avèrent incapables de dénoncer ses vicissitudes et sa dangerosité? Et qu’est-ce qui fait que les femmes ont toujours à servir, à acquiescer ou à être des faire-valoir?

Tous les hommes, bien sûr, ne sont pas des «porcs». Et pourtant, les «porcs», les «porcs moraux», sont infiniment plus nombreux que les harceleurs sexuels et/ou violeurs.

Peut-être est-ce une question de milieu social, d’éducation, de culture. Celui qui n’a pas à prouver constamment qu’il est le meilleur, le plus fort, le plus génial, donc celui qui n’a pas de complexes est naturellement généreux, distingué, humain, respectueux, la vilenie ne faisant pas partie de son univers.

Soyons clairs: le milieu social n’est pas une question de classe sociale ou de richesse. Comme la puissance n’est pas un élément de supériorité intellectuelle ou de cœur. Reste que plus on est ordurier, plus on peut se croire supérieur. Les Weinstein de la planète continuent de creuser leur sillon. Hashtag ou pas.