« Processus naturel »

A 35 ans, Youkhan Nikadimus a décidé de se consacrer à la création de « kokochniki », des coiffes traditionnelles issues du folklore russe et qui ont connu leur heure de gloire sous le tsar Nicolas Ier.

Dans une usine fondée au 16e siècle et rebaptisée « Lénine » à l’époque soviétique, ce grand costaud à la barbe bien taillée brode perle après perle sur une toile tendue entre quatre bouts de bois, avec une attention presque monacale. S’il puise son inspiration auprès de photos d’archives, le créateur affirme que ses +kokochniki+, dont certaines atteignent 20 cm de diamètre, peuvent s’intégrer dans une garde-robe contemporaine. « On peut porter une +kokochnik+ avec une robe de mariée moderne par exemple », indique-t-il, tout en déconseillant d’aller avec au cinéma, pour ne pas fâcher les spectateurs des rangs derrière… « Les costumes nationaux ne doivent pas être quelque chose de figé », plaide-t-il. « De nouvelles techniques apparaissent, il faut les incorporer, c’est un processus naturel. »