Premières dames / Coup de cœur

Si elles n’ont jamais eu de fonctions constitutionnelles, les Premières dames ont quand même joué des rôles non négligeables dans l’histoire du monde. Certaines avaient même de grandes ambitions politiques et là, on ne peut pas ne pas faire un petit tour par des pays comme l’Argentine, la Roumanie, l’Afrique du Sud ou l’Allemagne de l’Est où des épouses de chefs d’Etat tenaient des rôles de premier plan et parfois d’intrigante, voire de cruelle despote. La plus populaire reste évidemment Evita Peron, divinisée par le peuple argentin pour sa lutte en faveur des classes défavorisées – dont elle était issue – mais rongée non seulement par un cancer foudroyant mais aussi par une indomptable ambition politique.

Mais même les Premières dames plus «rangées» et maternelles ont influencé en coulisses l’action de leur mari et incarnaient à la tête de leur nation une figure de proue vers laquelle allaient beaucoup de sympathies.

C’est ainsi qu’en France, la mort prématurée de Germaine Coty a donné lieu à une grande émotion populaire et que celle qu’on appelait tendrement Tante Yvonne, sous des apparences d’épouse soumise, a dû freiner plus d’une fois les élans intempestifs de son général de mari, tandis qu’en Allemagne, Wilhelmine Luebcke a su contrebalancer par sa sagesse les gaffes légendaires de son mari.

D’autres Premières dames ont supporté la tête haute les infidélités de leur coureur de jupons et je vous laisse deviner lesquelles! Et, modernité oblige, les Premières dames ne doivent désormais plus nécessairement avoir le statut d’épouse légitime et, à la tête de certaines nations, des présidents réussissent à en avoir plusieurs à la chaîne pendant un seul mandat.

Les temps ont changé et la société a évolué et c’est ainsi qu’on ne trouve guère plus rien à redire au fait qu’un Premier ministre vive en couple avec un homme et qu’un ambassadeur en poste en fasse de même. Et si, comme chez nous, pour parler d’un jeune homme attrayant, distingué et discret, celui-ci exerce, à côté d’un chef de gouvernement sympathique et affable à souhait, son rôle de partenaire officiel avec beaucoup de dignité et de modestie, il ne faut guère être surpris qu’une Brigitte Macron, ayant succombé à son charme, le qualifie comme sa «Première dame préférée»!

Mais ce dernier a eu la délicatesse d’avouer qu’il n’y a au Grand-Duché qu’une seule Première dame qui exerce à côté du chef de l’Etat son rôle avec un engagement exemplaire, une savante approche, un rare doigté et surtout une grande sollicitude pour le sort des défavorisés. Et plutôt que de commenter à tort et à travers ce qu’on ferait mieux d’apprécier à sa juste valeur, l’on devrait, ne fût-ce qu’un bref instant, s’imaginer dans une telle position pour en ressentir à la fois le poids et la responsabilité.

Pierre Dillenburg