Le Premier ministre néerlandais appelle l’UE à s’unir face à Trump

Dutch Prime Minister Mark Rutte

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a appelé mercredi l’Union européenne à l’unité face aux menaces sur l’ordre mondial venues aussi bien de la Russie que des Etats-Unis.

« Même notre relation avec notre plus important allié ne va plus de soi comme par le passé », a déclaré M. Rutte à l’attention des Américains, lors d’un discours au Parlement européen à Strasbourg.

Et de rappeler le rejet du président américain Donald Trump de l’accord de Paris sur le climat et de l’accord nucléaire iranien, ainsi que l’imposition de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium venus d’Europe.

« Mais bien sûr, nous restons des amis et des alliés », a ajouté M. Rutte, invité au Parlement européen pour parler de l’avenir de l’Europe. Reprenant la parole après l’intervention d’eurodéputés, le Premier ministre néerlandais libéral a souligné que « pour notre défense, il importe que nous continuions le dialogue avec les Etats-Unis, même s’il peut y avoir des querelles de famille importantes à l’heure actuelle ». Prenant également la parole dans l’hémicycle, son compatriote social-démocrate, Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, s’en est pris lui plus directement à Donald Trump, un président américain « persuadé qu’une Union (européenne, ndlr) désunie est meilleure qu’une union unie ». Louant les actions de présidents américains passés comme John Kennedy et Ronald Reagan, lors de leurs visites historiques à Berlin, M. Timmermans a estimé que les fondements des relations UE-Etats-Unis « ne sauraient être abattus par un président ». S’il a appelé l’UE à s’unir, M. Rutte a prévenu qu’il ne prônait pas une Europe plus étroite. « Sans cesse plus d’Europe n’est pas la reponse à nos problèmes. Pour certains, une +union toujours plus étroite+ est encore un objectif en soi. Pas pour moi. L’unité et l’+union plus étroite+ ne sont pas, à mon sens, des concepts identiques », a-t-il prévenu.

Evoquant la réforme de la zone euro, il a incité les mauvais élèves à faire des efforts en matière budgétaire et à réduire leur dette, rappelant « l’accord existant dans le pacte de stabilité et de croissance ». M. Rutte a également exhorté les pays membres de l’UE « à être prêts pour la prochaine crise migratoire », se montrant cependant peu optimiste de parvenir à un accord lors d’un prochain sommet à Bruxelles des chefs d’Etat et de gouvernement européens fin juin. « Nous faisons tout ce que nous pouvons (pour un accord, ndlr) mais les choses ne sont pas faciles », a-t-il dit, évoquant les divisions entre le Nord et le Sud, et entre l’Est et l’Ouest. Sur le prochain budget européen pluriannuel (2021-2027), M. Rutter a convenu qu’avec le départ du Royaume-Uni de l’Union, « les pays financièrement en bonne santé (comme le sien, ndlr) devront payer plus mais pas de façon disproportionnée ». Il a aussi plaidé pour une réaffectation des fonds pour résoudre les problèmes actuels, tels que la crise migratoire.

« Actuellement, l’agriculture et les fonds structurels –destinés à aider les régions pauvres de l’UE– mangent 70% du budget. Dépenser moins dans ces domaines permettrait d’avoir de la marge pour de nouvelles priorités », a-t-il continué. Une déclaration qui ne devrait pas être du goût de la France, très attachée aux aides agricoles.