Poutine tempère l’optimisme d’Abe sur les Kouriles

Russian President Vladimir Putin

Vladimir Poutine a tempéré lundi l’optimisme du Premier ministre Shinzo Abe quant à une prochaine résolution de la dispute opposant Moscou et Tokyo depuis plus de 70 ans autour des îles Kouriles, promettant malgré tout « une nouvelle impulsion » dans leurs relations.

« Cette question est en discussions depuis des décennies et il serait naïf de penser qu’on peut la résoudre en une heure, mais nous sommes prêts à trouver des solutions qui conviendraient à la fois à la Russie et au Japon », a déclaré M. Poutine face à la presse après avoir reçu M. Abe à Vladivostok, dans l’Extrême orient russe.

La Russie organise dans cette ville à partir de mardi un important forum économique en présence de plusieurs dirigeants asiatiques.

Le président russe a cependant souligné le renforcement des relations, économiques et plus récemment militaires, entre la Russie et le Japon ces dernières années à force de nombreuses rencontres. « Je suis certain qu’à la suite de cette visite, nos relations bilatérales connaîtront une nouvelle impulsion », a-t-il assuré.

Les relations entre Moscou et Tokyo sont empoisonnées par une querelle concernant quatre îles de l’archipel des Kouriles occupées à la fin de la Seconde Guerre mondiale par l’Union soviétique. Le Japon revendique ces îles et ce différend a empêché jusqu’à présent les deux pays de signer un traité de paix. Les négociations concernant ces quatre îles volcaniques, appelées Territoires du Nord par le Japon, n’ont pas connu d’avancée majeure ces dernières années malgré les appels répétés de Shinzo Abe. « Le Japon et la Russie font face à une tâche difficile mais avec vous, il est possible de mener des discussions difficiles », a assuré lundi le Premier ministre japonais, insistant sur la « confiance mutuelle » existant entre les deux dirigeants. Shinzo Abe a insisté sur des projets de coopération économique liés aux Kouriles, où une délégation d’hommes d’affaires japonais est attendue en octobre. Il a annoncé s’être mis d’accord pour recevoir Vladimir Poutine à Tokyo l’année prochaine après un sommet du G20 prévu à Osaka. Lors du même forum économique à Vladivostok en 2016, le chef du gouvernement japonais avait lancé un appel à « mettre fin à cette situation anormale » et à « ouvrir une nouvelle époque » dans les relations japonaises. Mais malgré des rencontres fréquentes, aucun progrès conséquent n’a été enregistré et lors de leur dernier sommet en mai, Vladimir Poutine a appelé à être « patient ». Avant de s’envoler pour Vladivostok lundi, M. Abe avait assuré « espérer des progrès dans la résolution de la dispute territoriale ».