Un «pop-up» café pour célébrer 90 ans de relations

Accueil fastueux et réglé au millimètre à Kokyo, le  palais impérial de Tokyo, pour le Grand-Duc Henri qui entame ce lundi 27 novembre une visite d’Etat de trois jours au Japon.

La précédente visite d’un chef d’Etat luxembourgeois remonte à avril 1999. Le Grand-Duc Jean et la Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte étaient reçus, comme le Grand-Duc aujourd’hui, par l’empereur Akihito et l’impératrice Michoko. Accompagné de trois ministres, Étienne Schneider (vice-Premier ministre et Économie), Jean Asselborn (Affaires étrangères) et Pierre Gramegna (Finances) et d’une délégation économique, il s’agit tout autant pour la délégation luxembourgeoise conduite par le chef de l’Etat de célébrer quatre-vingt-dix ans de relations diplomatiques que de renforcer des liens économiques forts.

Le Grand-Duc a ainsi inauguré un forum consacré au business entre les deux pays. « L’amitié entre nos deux familles est à l’image de notre partenariat économique » a-t-il souligné.  Des relations fortes puisque le Japon est  le premier partenaire commercial du Luxembourg en Asie, avec 463,6 millions d’euros de biens échangés en 2016, soit quelque 200 millions supplémentaires par rapport à 2015  (261,8 millions). Et sur les huit premiers mois de l’année, ils s’élèvent à 329,7 millions. Les importations de biens en provenance du Japon  représentent plus de 85% des échanges.  En revanche, au niveau des services, les échanges sont en faveur du Luxembourg, le solde excédentaire étant de  532 millions pour un volume échangés de 1,08 milliard d’euros  en 2016. Les services financiers représentent la majorité avec 75% des échanges.

Toujours est-il que de part et d’autre, l’intensification des liens économiques est de mise. La signature  ce lundi midi d’un mémorandum d’entente entre les deux chambres de commerce nationales afin de faciliter leurs échanges reflète cette volonté.

Lors de l’ouverture du forum, aussi bien Etienne Schneider que Pierre Gramegna ont vanté les opportunités offertes par le Luxembourg en matière de logistique, de développement spatial,  de  finance verte ou technologique pour attirer les investisseurs. Ils jouent également sur le rôle de porte d’entrée vers l’Europe. Une UE consolidée sur le plan  politique après la défaite des partis populistes en France, aux Pays-Bas et en Allemagne et qui offre des perspectives économiques de croissance sur le gâteau. Le ministre des Finances n’a pas manqué de rappeler qu’une des bataille actuelle  est d’attirer les entreprises qui souhaitent quitter le Royaume-Uni à cause du Brexit et que le Grand-Duché pouvait les accueillir.

La promotion touristique est l’un des points forts de cette première journée. Différents événements ont  permis de présenter le pays aux professionnels. Le Japon est un des marchés lointains prioritaires avec la Chine et les Etats-Unis. Les touristes sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à se laisser charmer. La croissance de cette clientèle a été de 5,7% par an entre 2012 et 2016.

A ce titre, l’initiative la plus intéressante est l’ouverture d’un « Luxembourg café » éphémère dans un des quartiers fréquentés de Tokyo. « Après quatre-vingt-dix ans d’amitiés, il était temps que le premier café ayant pour thème Luxembourg ouvre au Japon » a déclaré Étienne Schneider lors de l’inauguration. Durant trois semaines il présentera des spécialités culinaires, des publications et des photos Takeshita Yasui qui est en ce sens un des meilleurs ambassadeurs sur lequel le Grand-Duché peut compter. Différentes manifestations y seront organisées afin d’attirer des « faiseurs d’opinion » tels que des blogueurs.

Cet appel au renforcement des liens s’est traduit concrètement par la remise au Grand-Duc du titre de docteur honoris causa de l’université Sophia dont l’archevêque, Mgr Hollerich, fut vice-recteur.

Jacques Hillion