Politique/Nostalgie et démagogie

Maurice Magar / L’ADR leurre l’électeur avec la nostalgie d’un Luxembourg qui n’a jamais existé. Il évoque une image d’Epinal dans laquelle les Luxembourgeois étaient entre eux. Imbibés de valeurs chrétiennes, ils partageaient une bière locale en échangeant les dernières nouvelles sous un soleil clément. Ce n’est qu’en freinant la croissance, en limitant l’immigration et le flux de frontaliers et en défendant la langue que le pays retrouverait ce paradis perdu. Bref, en mettant fin à tout ce qui a fait sa force: son ouverture, sa capacité d’accueil et sa situation linguistique. Une bonne dose de démagogie conjuguée aux peurs d’un électorat qui se sent délaissé sont les outils dont les réformistes usent et abusent.

Car à côté de ce romantisme bucolique des jours heureux dans lequel se perd l’imagination troublée de ses pontes, l’ADR brosse un tableau cauchemardesque au sein duquel le progressisme, incarné par l’actuelle coalition, a mis fin au bonheur champêtre d’antan. Il n’y a plus que du béton et des enfants traumatisés par leurs parents homosexuels et qui ne peuvent plus s’exprimer dans aucune langue, peut-on entendre. Le Grand-Duché, avec son multilinguisme détestable, serait devenu un mélange entre Babylone et Sodome. Il est plus que jamais important de répondre aux électeurs tentés par ce mirage et de démasquer systématiquement un discours qui cache un nationalisme nauséabond sous le manteau plus innocent de l’écologie et de la liberté d’expression.