Politique/Le silence des voix

Alain Ducat / Et le Luxembourg politique se retrouva assis entre deux chaises. Inconfortable posture…

D’un côté, ArcelorMittal, le groupe mondial dont le siège est au Grand-Duché – héritage de l’Arbed, patrimoine industriel et historique –, qui gagne sa partie stratégique avec la Commission européenne. Le géant a le feu vert pour grandir en investissant en Italie.

D’un autre côté, les défenseurs de l’industrie du pays sont plongés dans l’incertitude d’un rachat du site de Dudelange par un investisseur mystère.

Etienne Schneider est pris de court. Surpris par la décision précipitée de Bruxelles – annoncée lundi matin –, il communique sa désapprobation et son plan d’action quelques heures plus tard, et ne tweete qu’en début de soirée. Tandis que les membres du gouvernement semblent sur d’autres terrains locaux, Marc Spautz positionne le CSV. Une volée de questions urgentes à la Chambre, liées aux engagements pris par le leader de l’acier dans l’accord tripartite Lux2019, signé le 18 septembre 2017. Trois jours avant la notification à la Commission du projet d’acquisition d’Ilva par ArcelorMittal. Qui placera quelques mois plus tard Dudelange dans la balance, façon monnaie d’échange. Où est l’Etat actionnaire? Et où sont les voix à glaner dans la campagne des législatives? Il y a peu d’électeurs parmi les 300 salariés de l’usine, héritiers frontaliers d’un bastion qui a vu grandir les Tesch, Mayrisch, Kill et autres auteurs de l’épopée nationale. Mais Dudelange est, en soi, un symbole. Silence…