POLITIQUE/Beaux discours

MAURICE MAGAR /Le parti libéral a fait du logement un des piliers de son programme. C’est logique car aucun parti ne peut l’esquiver. C’est dire si le problème a pris de l’ampleur au fil des décennies. Mais les remèdes du DP ne sont pas neufs, ils reprennent peu ou prou la politique du gouvernement actuel, qui s’est certes saisi du problème en augmentant la construction de logements, mais n’a pour autant rien réglé. Il faut renforcer la position des promoteurs publics, dit le DP, mais cette affirmation a dépassé le stade du constat pour devenir un lieu commun. Il ne faut pas renforcer ce rôle, il faut que les promoteurs publics (Fonds du logement et Société nationale des habitations à bon marché) jouent un rôle clé. Et, en même temps, comme le préconisent les Verts, il faut réguler le marché privé des promoteurs afin d’endiguer enfin les prix des logements. Et une procédure d’expropriation pour spéculateurs notoires ne ferait pas de mal non plus, même si la simple idée de l’envisager donne de l’urticaire aux libéraux. Et puisque la refonte de la Constitution n’a pas encore été votée, l’on pourrait songer à inscrire le droit au logement dans la Loi fondamentale. A cela il faut ajouter une politique plus agressive au niveau de la mobilisation des terrains, car c’est l’indisponibilité de ces derniers qui est responsable de la flambée des prix. Bref, il ne faut plus de beaux discours mais un changement de paradigme qui verrait l’Etat prendre ses responsabilités dans ce dossier pour assurer le droit fondamental qu’est un logement décent.