Politique / Volt en face

Alain Ducat / Qu’ un nouveau parti émerge dans le paysage, soit. Mais qu’il soit transnational, défenseur des valeurs communautaires et de la démocratie directe, et à l’initiative de jeunes eurocitoyens, cela prend une autre tournure.

Volt, comme l’unité électrique, se veut le «premier parti paneuropéen». Ni de gauche, ni de droite, pas même centriste, surtout pas populiste. Différent, progressiste, fréquentable, apporteur de solutions. Ambitieux, pour un mouvement parti de rien. Son acte de naissance est daté du 29 mars 2017, jour du «go» à la procédure de retrait du Royaume-Uni. Andrea Venzon et Colombe Cahen-Salvadore, lui Italien, elle Française, voulaient démarrer une vie de couple à Londres. Le Brexit change tout, leur insuffle une conscience politique. Alors ils diffusent des idées. Fédèrent, c’est leur crédo. Sans tambour ni trompette, deux ans plus tard, Volt est présent dans trente-deux pays. Pas massivement, mais avec enthousiasme.

Au Luxembourg, George Penn, un Britannique de 23 ans, dont dix-neuf vécus au Grand-Duché, tente de rameuter des émules, en vue des élections du 26 mai. C’est modeste, mais ça bouge: quatre candidats, peut-être plus déclarés ce samedi, à Schengen évidemment, pour le premier événement du mouvement local. Et, déjà, le soutien affiché de l’ancien recteur de l’Uni, Rolf Tarrach.

On n’ira pas jusqu’à dire que le jeune parti met de la tension dans la campagne, car il n’a pas l’air d’effrayer les partis traditionnels, ni encore séduit de ténor au point qu’il fasse volte-face. Mais chacun sait que, désormais, il aura Volt en face.