Politique / Taper sur le faible

Maurice Magar / Le bio ne représente, aujourd’hui, pas plus de 5% de l’agriculture au Luxembourg. Le gouvernement prévoit une augmentation de 15 points d’ici 2025. L’objectif pour 2050 est d’atteindre les 100%. Cette idée vient tout droit du programme électoral de Déi Gréng (Les Verts). Mais tant les agriculteurs que l’opposition jugent que l’objectif à moyen terme est déjà trop ambitieux. Même les défenseurs de l’agriculture bio se seraient contentés de 15% d’ici 2025.

Les agriculteurs sont, eux, en porte-à-faux. Durant des décennies, la politique les a orientés, à coups de subventions, vers une agriculture intensive, productiviste. Aujourd’hui, ils sont accusés d’être les pires pollueurs, de véritables assassins armés de produits phytosanitaires, prêts à en découdre avec la biodiversité.

Mais l’agriculteur est un bouc émissaire pratique. Il n’a pas de grand lobby à sa botte et subit de plein fouet les pressions du marché et le changement climatique. Alors que son travail, trop souvent dénigré, est crucial. Ainsi, les objectifs qu’on lui dicte dépassent de loin ceux qu’on impose à l’industrie par exemple. Et les faibles objectifs luxembourgeois dans le domaine des énergies renouvelables ne seront même pas atteints. Force est de constater que cinq ans de présence écologiste au gouvernement n’ont pas vraiment fait avancer les choses.

Il aurait été logique également que les Verts se battent pour obtenir le portefeuille de l’agriculture, mais ils ont préféré s’occuper de police et d’armée.