Politique / Problème d’orientation

Maurice Magar / Fred Keup vient de commencer une petite tournée de désinformation pour expliquer son choix de s’associer à l’ADR. Son succès, si l’on peut le qualifier ainsi, a eu lieu lors du référendum de 2015 où le non au droit de vote des étrangers l’a largement emporté. Depuis, Keup s’est attribué le titre de baromètre politique officiel et de représentant du centre politique. Toutes les forces vives, du patron au chercheur en passant par le syndicaliste, qui ont milité pour le «oui» et qui ne voient pas de raison de s’inquiéter de la survie de la langue nationale sont taxées d’élitisme. «Quand on parle aux gens, on voit bien que ce n’est pas vrai», n’a de cesse de marteler Keup qui, ainsi, rabaisse le débat au niveau d’une discussion de comptoir. Pire, son deuxième cheval de bataille, «la croissance incontrôlée», cache, sous le manteau de la durabilité et de l’écologie, une volonté de freiner l’immigration et d’endiguer le flux de frontaliers. Bref, il s’agit de réduire au strict minimum toute influence étrangère pour protéger le Luxembourg contre une perte d’identité imaginaire. La boucle est donc bouclée.

Avec l’ADR, Keup a trouvé un partenaire à la hauteur de son propre populisme. Son idéologie n’est pas celle du centre. Elle est de droite, et même bien à droite. A moins que le prof de géo et ses acolytes n’aient quelque problème d’orientation, il leur faut se résoudre au fait que la droite n’est pas le centre et encore moins la gauche.