Politique / Point trop n’en faut

Maurice Magar / Après la loi de 1984, voici un nouveau jalon pour la langue luxembourgeoise, laquelle jouit désormais de son plan d’action et d’une équipe de choc pour la défendre. Toute la population du pays pourra, si elle le souhaite, participer à la sauvegarde de la langue nationale.

Après le référendum de 2015 et différentes pétitions sur la problématique, ce plan d’action est donc la réponse du gouvernement aux relents populistes inhérents à ce débat. Au lieu de faciliter l’approche de la langue, la politique lui met un corset de plus en plus étroit. Le luxembourgeois reste une langue de communication censée faciliter les échanges et l’intégration. En tant que telle, elle n’a pas besoin d’institutions qui la protègent outre mesure. Elle a besoin d’être parlée et écrite. D’aucuns pensent que c’est plus le cas que jamais.

Mais le gouvernement, ou plutôt le DP qui a sauté sur l’occasion pour s’attirer les bonnes grâces des électeurs à un an du scrutin, a raté l’occasion d’aller plus loin encore. La création d’une «Académie luxembourgeoise» coulait pourtant de source. On lui aurait trouvé un beau vieux bâtiment pour rehausser la solennité de l’institution. Michel Rodange, Dicks et Ketty Thull auraient pu y entrer à titre posthume. On aurait pu imaginer un joli costume pour ses membres, une belle devise et un rite mystérieux. Les nouveaux immortels pourraient, par exemple, caresser le museau de «Renert» avant de siéger dans cette noble institution. Il faudrait aussi inventer des critères d’admission. La maîtrise parfaite de la recette de la «Bouneschlupp» semble a priori indispensable.