Politique / Point de friction

Olivier Tasch /Si la campagne électorale des législatives est lancée, elle est encore loin d’avoir effleuré le nécessaire débat de fond. On nous promet, comme élément central, «la croissance» à toutes les sauces, avec en toile de fond la fameuse «troisième révolution industrielle» du futurologue
Jeremy Rifikin.

On a donc hâte que la campagne s’ancre dans des réalités plus prosaïques. Surtout sur les points qui ne font pas consensus. Le jeu politique grand-ducal n’est en effet pas toujours le plus virulent, on en veut pour preuve les chrétiens-sociaux qui ont voté en faveur de 80% des projets de loi présentés par le gouvernement depuis 2013. Les lignes de rupture entre les grands partis ne sont donc pas toujours des plus lisibles. Dans le face-à-face que se livrent à distance Wiseler (CSV) et Schneider (LSAP) – Bettel est inexplicablement inaudible alors que la logique des Verts ne se prête guère à la personnalisation –, la question des pensions est sans doute un marqueur. Pour le LSAP, il n’est pas question d’y toucher. En cela, il est sur la même ligne que l’OGBL, qui répète à l’envi que le système est viable avec des réserves – 17,8 milliards – équivalentes à quatre fois le montant des dépenses annuelles. Côté CSV, le positionnement est plus sibyllin, Wiseler dit vouloir garantir que les promesses faites aujourd’hui pourront être tenues demain… Entre les lignes, on comprend bien qu’il pense que ce n’est pas le cas. Les pensions, un vrai point de friction?