Politique / Pédagogie au gourdin

Thierry Nelissen / Dans un épisode d’Astérix, on pratique la psychologie au gourdin. Cela fait rire. Dans les écoles, on continue à faire de la pédagogie avec les mêmes moyens. Cela ne devrait pas prêter à la plaisanterie.

En France, le nouveau ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a décidé de rétablir la possibilité du redoublement, lequel avait été rendu exceptionnel par la précédente titulaire du poste, Najat Vallaud-Belkacem. Si ce n’est pas un retour de balancier purement idéologique, la terre est plate. Clivage assuré dans les commentaires et triomphe des partisans du surplace scolaire: halte au laxisme, place à l’excellence, à la qualité, à la sanction, à la compétition, à la hiérarchie. Un retour en arrière comme celui-là trouve forcément grâce aux yeux des plus réactionnaires, ceux qui pensent qu’on a toujours fait comme ça et qu’ils s’en sont bien sortis, qu’on peut parfaitement se laver avec un seau d’eau froide et que manger de l’huile de foie de morue forme la jeunesse.

Le redoublement, c’est comme le renforcement policier ou la traque des chômeurs: plutôt un signal de communication politique qu’un projet de société. Car toutes les études sérieuses indiquent que ce vieux système n’a aucun effet, sinon néfaste, pour ceux qui en sont la cible, en plus d’avoir un impact négatif sur le niveau général. Mais il est plus facile d’imposer à un enfant un système périmé que de l’aider à acquérir des compétences à son rythme. Au Grand-Duché, faut-il l’écrire, le taux de redoublement reste un des points faibles du système d’enseignement.