Politique / Pause…

Et si on arrêtait là les «bêtises» et que l’on reprenait le processus électoral à zéro en France? Parce que là, les limites sont atteintes. Du moins pour ceux qui considèrent qu’une élection est avant tout le moment pour une société de se poser les bonnes questions et de choisir son futur. A la place de cela, on a droit à un feuilleton annexe, parasite même, dont l’histoire même disparaît derrière les rebondissements soigneusement orchestrés. Il ne manque plus que les effets spéciaux pour que l’on soit devant un film de superhéros. Avec testostérone. Mais sans message.

D’un côté, nous avons Saint sébastien, martyr magnifique et non fictif. De l’autre, la papesse Jeanne – celle qui cherche à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas. Avec autour huit sympathiques figurants et une vedette américaine qui espère rafler la mise sur un malentendu. Ephèbe dont on remarquera qu’il ne porte plus de montre au poignet, lui qui arborait une Tank de chez Cartier du plus bel effet… Espérons qu’il restera habillé tout au long de la campagne…

Voilà que même moi je dévie. Parti avec l’idée de démontrer pourquoi il serait sage d’interrompre le processus afin que chaque camp puisse faire le ménage et proposer un projet cohérent et applicable, je sombre dans la gaudriole. Les élections présidentielles françaises sont un face-à-face entre un homme et un pays. Mais un homme qui dispose derrière lui d’une infrastructure forte, d’un parti politique. Ces derniers ont failli. Incapables de désigner en leur sein un leader incontesté, ils s’en sont remis à la «sagesse populaire». On a vu le résultat: un PS atomisé car présentant un candidat ultra minoritaire au sein du parti et des Républicains liés à un boulet – intouchable car oint par les militants – qui les entraîne dans les profondeurs. Reste l’homme «neuf». Dont on se demande quelle majorité cohérente il aura pour gouverner. La France, quoi qu’on en dise, est un régime parlementaire dans lequel un président sans majorité est impuissant.

Pour les plus courageux, ceux qui essayent de voir ce qu’il y a derrière, il existe désormais en France deux camps politiques: les souverainistes et les Européens. La division droite-gauche est devenue secondaire: elle se résume à l’option des politiques économiques privilégiant l’offre ou la demande. Il serait peut-être temps de revenir à l’essentiel et de cartographier cette nouvelle géographie politique. Un temps mort pourrait y aider. Ne serait-ce que pour éviter un scénario à la Trump ou autre Farage. Qui sera assez sage pour le proposer?

Marc Fassone