Politique / Pas un cadeau

Olivier Tasch / On aurait pu écrire à l’avance ce traditionnel commentaire sur le dernier budget de la législature. Un document rempli de cadeaux électoraux en vue d’une réélection en 2018. Mais n’aurait-on pas un peu manqué la cible? Certes, on pourra voir d’un œil suspicieux les quelques tablettes «offertes» aux élèves ainsi que la gratuité des manuels scolaires.

Si chaque euro investit est un cadeau, alors on peut bien parler de budget électoraliste. Lequel, soit dit en passant, respecte tous les critères de bienséance européenne. Les investissements massifs dans les transports en commun, les routes et les infrastructures – 2,4 milliards d’euros – n’auront pas un effet immédiat sur la pression que subit le pays, mais ils ont le mérite d’exister. Est-ce suffisant pour répondre aux besoins du pays en 2060?

Laissons le soin aux diseuses de bonne aventure de répondre à cette question de manière péremptoire… Car, en réalité, la réponse dépend beaucoup des discussions pour le moins passionnantes qui vont s’ouvrir en cette dernière année de législature. L’heure ne sera sans doute pas au bilan gouvernemental – les impossibles réformes avec un CSV au pouvoir sont réalisées –, mais bien à se projeter vers l’avenir avec en toile de fond des questions fondamentales: quelle croissance voulons-nous pour le pays? A quel rythme? Nos habitudes et modes de consommation sont-ils en adéquation avec nos valeurs sociales?

Autant de discussions difficiles à mener, mais qui n’en sont pas moins vitales!