Politique / Mylène n’est pas Merlin

Thierry Nelissen / L’été dernier, une communication campagnarde projetait le trio Bettel-Macron-Michel devant les caméras. Plus ou moins jeunes, plus ou moins beaux, très, très libéraux, animés d’un même élan, ces mousquetaires en costume bleu ciel promettaient de «réenchanter» l’Europe. Un pour tous, tous pour un. Amis pour la vie. A Senningen, on attendait Merlin, mais c’est Mylène Farmer qui est à l’arrivée.

Où en sont-ils, ces réenchanteurs, quand revient l’été? Alors que les salariés de toute l’Europe ne comprennent toujours pas pourquoi c’est principalement leur travail qui finance les Etats, Bettel botte en touche le projet (plutôt macronien) de taxation forfaitaire des grands de l’internet. Oui, oui, on est d’accord, mais pas si vite, pas comme ça. Pas tout de suite en tout cas.

L’Italie cède, sous le poids des réfugiés, aux sirènes de l’extrême droite. Celle-ci refoule un bateau de «migrants»… Macron se lave les mains, lui dont la police expulse par milliers les candidats à l’asile vers l’Italie. L’enchanteur prend même de la hauteur: à un jeune pas hostile qui le tutoie familièrement, Jupiter réclame qu’il le vouvoie… tout en le tutoyant… comme un flic. Enchanté.

Et pendant ce temps, Charles Michel regarde passer sans rien dire les retweets fachos de son secrétaire d’Etat à l’Immigration, parfois importés tout droit d’Italie, et partagés par les lepénistes.

L’axe qui ronge l’Europe se fortifie. Les réenchanteurs sont toujours en rodage. Désenchantement.