Politique / Liberté d’expression

Maurice Magar / La fête nationale 2017 aura donc eu sa polémique. Le groupe «Jonk Lénk», qui n’est pas la section jeune du parti déi Lénk, avait organisé sa contre-fête nationale dans un immeuble abandonné à Luxembourg. Dans un discours, une membre du groupe s’est permis de dévoyer la traditionnelle fin des allocutions du 23 juin «Vive le Grand-Duc, vive le Luxembourg» en remplaçant le «vive» par le moins élégant «nique» («féck» en luxembourgeois). La bande à Fred Keup et l’ADR sont de suite montés sur leurs grands chevaux et ont dénoncé une attaque inadmissible contre la mère-patrie et la monarchie. Tous les partis ont fait part de leur indignation. Le groupe, lui, explique que son action était censée lancer le débat sur la monarchie, le concept de nation et la Place financière, sujets qui suscitent débats et interrogations chez de nombreux jeunes. S’il a sans doute été trop virulent, voire maladroit, il a le mérite de révéler des réflexes nationalistes qui frôlent certainement le mauvais goût et flirtent avec des idéologies nauséabondes. Dans ce contexte, il faut peut-être rappeler à Fernand Kartheiser qu’il s’est lui-même érigé en chantre de la liberté d’expression trop souvent bridée par le «politiquement correct», comme il le dit.

Exprimer sa colère contre un système et des concepts rétrogrades, comme celui de nation l’est pour certains, fait partie intégrante de cette liberté. Tout comme elle permet à certains politiques conservateurs de jouer sur les peurs des citoyens vis-à-vis de l’islam ou de la disparition de la langue luxembourgeoise, par exemple.