Politique /Joyaux de la couronne

Alain Ducat / Ce ne sont pas des vaches sacrées. Mais des fleurons du cru. Cela déclenche des réactions locales viscérales dès qu’on veut y toucher, surtout de l’extérieur. Quand on vise les bijoux de famille, le réflexe de survie est logique. Alors la place (financière, publique ou politique) se cabre comme un seul homme. Il y a des airs plus ou moins courroucés et des opportunismes divers, mais il y a une forme de consensus, voire d’unité nationale.

La menace encore voilée sur l’acier plat de Dudelange est un de ces exemples, capables de partir sur une étincelle, d’éclater en artifices dans les colonnes médiatiques et de rebondir dans les travées de la Chambre. Quitte à s’éteindre ensuite… Logique, mais ça relève du numéro d’équilibriste.

Etienne Schneider ne loupe pas l’occasion de se poser en défenseur des joyaux de la couronne – la sidérurgie, ses emplois, la politique industrielle du pays en reconversion depuis la fin des bastions locaux du même métal… Dans l’élan, il plaide pour une Europe forte, donc qui a besoin de poids lourds, comme ArcelorMittal, pour faire face aux hégémonies, américaine ou chinoise.

Se mettant en position préélectorale stratégique, il hisse aussi sur le pavois l’étoile montante socialiste, Dan Biancalana, bourgmestre de Dudelange. Tout en s’assurant de la collaboration – comment refuser? – de Claude Wiseler, tête de file du CSV, pour défendre la cause à Bruxelles auprès d’un certain Juncker.

Un peu convenu, mais plutôt bien vu.