Politique / Grues de printemps

Alain Ducat / Si une hirondelle ne fait pas le printemps, les grues annoncent-elles le renouveau? Ce n’est pas un thème de philo. Ce serait plutôt un indicateur politique. Les grands travaux ont toujours été un levier volontariste de croissance, ainsi qu’un facteur de brio dans les budgets.

Dans un pays qui pourrait s’appeler le Grand-Chantier du Luxembourg, les investissements en infrastructures sont importants, à plus d’un titre. Indispensables pour être ou demeurer en pointe, et pour survivre aux étranglements de circulation, ils font leur poids dans la balance des finances.

Les travaux publics ont un ministre de tutelle, vert, actif, mobile même. François Bausch, en commission parlementaire ou devant des industriels, n’a pas tort de souligner ce fait: le volume d’investissement que l’Etat a prévu de consacrer à la mobilité et aux bâtiments publics dépassera en 2019, et pour la première fois, la barre du milliard d’euros. On parle même de 1,1 milliard, pour l’extension du tram, des lignes ferroviaires, des routes, des lycées, etc.

C’est bien, évidemment. C’est peu? A peine 0,6% du Produit intérieur brut (PIB). Ce fameux indicateur qui place le pays au sommet du monde en termes de richesse produite par habitant, sachant que les nombreux frontaliers y contribuent largement; et qu’ils utilisent largement aussi les infrastructures.

Comparaison fait-elle raison? Prenons l’investissement dans le social: le Grand-Duché dépense 22,4% de son PIB en prestations.

Rien d’autre qu’un constat de redistribution.