Politique /Le grand écart

Maurice Magar / Le parti socialiste se cherche, le DP fait comme si l’épisode Ruppert n’avait pas eu lieu. Deux partis de la majorité traversent donc des crises plus ou moins graves à neuf mois d’un scrutin important. Le CSV s’en frotte les mains et joue la carte de l’unité du grand parti populaire. Mais le LSAP, contrairement aux libéraux, débat de ses problèmes, essaie de chercher des solutions. «Barre à gauche!», semble désormais être la devise d’Etienne Schneider pour amadouer l’aile sociale. La volonté d’inclure la base dans l’élaboration du programme est aussi censée apaiser les mécontents. Mais il en faudra plus pour convaincre certains militants de ce virage qui flaire bon le discours de campagne. Ainsi Schneider a préféré ne pas mentionner les ressources spatiales, son dada pourtant. Mais une initiative à laquelle peu de militants s’identifient.

La campagne et la manière dont sera rédigé le programme seront cruciales pour les socialistes. Il s’agira d’annoncer la couleur, de défendre avec conviction un vrai programme de gauche, qui ne cédera pas à la realpolitik qu’on reproche aux socialistes. Etienne Schneider peut porter un tel projet s’il parvient à faire le grand écart entre ses visions économiques parfois futuristes et sa veine sociale. Il défend Nicolas Schmit dans sa lutte pour une hausse du salaire social minimum et l’idée de songer à une réduction du temps de travail lui appartient. Mais cette veine sociale ne doit pas se tarir en cours de route et, surtout, elle doit rester bien visible dans le kaléidoscope identitaire du parti.