Politique / La fête des célibataires

Thierry Nelissen / Et vive le 31 mars, date butoir pour rentrer sa déclaration d’impôts. Ce jour-là, c’est un peu la fête des célibataires puisqu’un isolé sans enfant contribue environ à hauteur de 30% de ses revenus au financement de l’Etat. Les familles, elles, bénéficient plutôt de la bienveillance du fisc, souvenir des politiques natalistes qui voyaient le couple comme un stimulant au développement de la population, nécessaire, par exemple, à la soutenabilité du système des pensions. Peut-être y avait-il aussi des contingences morales, mais on n’ose y croire. Deux classes d’impôt principales marquent le fossé entre ces choix de vie: la 1 pour les célibataires, la 2 pour les mariés et les pacsés.

Vu l’évolution de la société, rares sont ceux qui veulent encourager encore cette différence de traitement. Mais le gouvernement laïc, en place depuis plus de cinq ans, n’a pas rectifié le tir. Faire payer moins les uns pour soutirer plus aux autres? Dangereux politiquement. Il faut trouver un ajustement qui préserve les recettes globales, en ne mécontentant pas l’électeur.

En attendant, les célibataires perdent patience. Une pétition à la Chambre pour la correction de cette inégalité a déjà obtenu 2.674 signatures. Il en faut 4.500 avant le 30 avril. Pour ceux qui craquent vraiment, et optent pour le pacs ou le mariage, même gris ou blanc, le Statec vient de tracer des pistes: c’est à Walferdange qu’on trouve le plus de femmes, et à Weiswampach le plus d’hommes. Et dans le canton d’Esch qu’il y a le plus de divorcés ou séparés. Bonne chasse!