Politique / Les femmes au pouvoir

Thierry Nelissen / Cette fois, les féministes de tout poil et les commentateurs chagrins peuvent aller se rhabiller. Alors que le formateur du gouvernement affichait la plus grande pudeur à ce sujet, l’annonce de la composition de la coalition a agréablement surpris: la présence des femmes a considérablement augmenté. Elles sont cinq sur dix-sept dans la nouvelle équipe de Xavier Bettel, alors qu’elles étaient seulement cinq sur dix-huit dans le gouvernement de 2013. Le calcul est vite fait: cela fait pas moins de 1,7% de progression pour le sexe anciennement dit «faible». La conclusion immédiate, c’est qu’à ce joli rythme, dans à peine soixante ans, l’égalité homme-femme sera parfaitement assurée au gouvernement. Une bien belle confirmation pour un pays progressiste qui, dès 1919, autorisait le vote en jupon.

Après des élections législatives catastrophiques pour les tenants de la parité, et un taux de 20% de femmes à la Chambre des députés, le gouvernement parvient donc de belle manière à renverser la barre, et envoyer un signal fort à la société. Il y aura pas moins de 29,4% de dames dans l’exécutif! Et la première d’entre-elles, dans l’ordre de préséance, se hisse à une très enviable dixième place. Il s’agit de Corinne Cahen, la ministre de la Famille.

Heureusement que sa collègue, Taina Bofferding, a aussi l’Intérieur dans ses attributions, car la seule «Egalité des chances entre les femmes et les hommes» l’aurait probablement réduite au chômage, dans ce quasi matriarcat qu’est la «gambienne» II.