Politique /Déposer les armes

Olivier Tasch / Depuis quelques années déjà, les liens historiques entre le parti socialiste et l’OGBL se distendent. Bon an mal an, ils jouent à je t’aime moi non plus. Il est vrai que l’OGBL porte haut, jusque dans son nom, les couleurs de l’indépendance. La prise de pouvoir du courant social-libéral au sein du LSAP et qu’illustre à merveille le ministre de l’Economie, Etienne Schneider, n’est sans doute pas du goût des militants syndicaux les plus marqués à gauche sans pour autant qu’elle ait fait fuir les troupes. Il suffit de voir le nombre de candidats estampillés OGBL sur les listes socialistes lors des dernières communales. Entre les deux mouvements, des ponts solides, idéologiques notamment, existent encore bel et bien. Ce n’est sans doute pas un hasard si le LSAP est le seul parti de la coalition à s’être prononcé en faveur de l’augmentation du salaire minimum, bien qu’elle ne soit pas à la hauteur de celle exigée par le syndicat. S’il y a une proximité historique qui reste évidente, la relation n’est pas pour autant fusionnelle. A l’approche du 1er mai, en abordant la question de la croissance, le président de l’OGBL remet en cause l’utilisation de l’espace pour de nouveaux développements militaires. «Insensé», juge-t-il, c’est peut-être aussi un facteur de croissance économique, mais celle-ci est bien superflue. Au passage, il rappelle que les dépenses militaires mondiales avoisinent les 1.700 milliards d’euros, un formidable facteur de croissance. Mais avec ça, la paix n’est sûrement pas plus sûre.