Politique / Démocrate et hypocrite

Alain Ducat / L’année sera électorale ou ne sera pas. Après tout, on ne sait jamais, avec tous les apprentis sorciers mués en gardiens de la planète prêts à jouer du bouton nucléaire plus sûrement qu’un énucléé de ses visions éclairées.

On a beau être loin des vicissitudes de Washington, Moscou, Pyongyang ou Damas, déjà moins de Vienne, de Budapest ou d’Ankara – liste non exhaustive –, l’on gagne souvent, pour éclairer le présent, à réexplorer les classiques.

Dans la Grèce antique, au siècle de Périclès, vivaient deux sages. Le philosophe Démocrite était plutôt matérialiste, en raison de sa conception d’un univers constitué d’atomes et de vide. L’image reste parlante en 2018… Son contemporain, Hippocrate, pensait aussi, et pansait même: docte parangon du guérisseur, il instaura une méthode d’observation clinique et les règles éthiques pour les médecins.

Quant à Europe, mythologique princesse qui avait fait le rêve étonnant que deux continents personnifiés tentent de la séduire, elle reste une muse qui n’inspire pas tous les dirigeants au même rythme. La Grèce a changé, au prix de drôles de drachmes parfois. Le voisin turc, qui défit les limites de l’Empire romain d’Orient, montre les dents. Partout, jusqu’à nos portes, les populismes guettent, même plus dans l’ombre.

Alors, tout en sachant que l’électeur local est chanceux, car ici il a le choix, il n’est pas inutile de se montrer prudent face aux pseudo-démocrates qui, sous couvert de soigner leur nation, multiplient les errements d’hypocrite.