Politique / Ces chers disparus

Thierry Nelissen / Mais que va faire Robert Mugabe, si plein d’énergie, poussé vers la sortie à seulement 93 ans? Dure, dure, la retraite du dictateur. Comme bien d’autres avant lui, le libérateur du Zimbabwe a trop longtemps goûté au pouvoir, réinvestissant sa fougue rebelle dans l’autocratie à tendance familiale.

Les Castro ne lui en tiendront pas rigueur, dont l’aîné Fidel s’est effacé sans obérer la succession. «Je (me) maintiendrai» pourrait être la devise de tous ces despotes dont, hélas, le départ, s’il est trop brutal, a tendance à laisser un grand vide que seul le chaos semble apte à combler. La peste ou le choléra? Mais pourquoi choisir si on peut avoir les deux.

A peine s’était-on réjoui de la disparition de Kadhafi qu’on voyait la Libye, qui ne tenait qu’à sa trique, s’effondrer comme un château de cartes. La condamnation, ce mercredi, de Ratko Mladic par le Tribunal pénal international, c’est le dernier avatar de la désagrégation de la Yougoslavie, qui se démembra plus spectaculairement encore que le défunt Tito, dans le pire désastre humain européen d’après 1945. Saddam Hussein balançait encore à sa potence que Bagdad et la région sombraient peu à peu dans la violence, qui semble encore au programme pour quelques années. Dans la Rome antique, la noble fonction de dictateur était celle d’un sauveteur. C’était un contrat passé par le Sénat à durée déterminée, nuance importante. Message à passer à Messieurs Kim, Kabila, Bouteflika, Kadyrov… et quelques dizaines d’autres.