Politique / Camarade Dmitri

Thierry Nelissen / Il est à Vladimir Poutine ce qu’était à Dalida son frère Orlando: même voix, même timbre (politique ici). La doublure idéale. Le substitut constitutionnel indispensable. Le camarade Dmitri Medvedev, bras droit du maître de la Russie, connaît la musique. L’inviter à sa table à Luxembourg, c’est comme régaler Poutine en personne, en version certes plus falote. Fort bien. La diplomatie, c’est parler à tout le monde, c’est préférer les mots aux armes, négocier… fût-ce avec les adeptes de coups de force, en Ukraine ou en Crimée. Et, tant qu’à faire, renforcer les intérêts économiques du Grand-Duché: il ne faut pas cracher dans la Bouneschlupp (proverbe luxembourgeois). Le Premier ministre Xavier Bettel s’est fait tancer par l’ambassadeur américain Randy Evans pour avoir reçu cette semaine son homologue russe. Ingérence, peut-être. Diplomatie musclée, sans doute. «Rendez la Crimée à l’Ukraine», devait ordonner, en substance, Bettel. On ne peut croire qu’il ne l’ait pas fait, tout comme il a dû se faire le héraut des homosexuels opprimés, en Tchétchénie ou ailleurs… Cela n’a rien de drôle.

Ce qui l’est, c’est l’intervention du représentant d’un Donald Trump, copieusement douché à Moscou, et très mouillé à Washington… par ses liens supposés avec Moscou! Et pendant ce temps, le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn qui s’enfuit en visite officielle en Afghanistan, pays connu comme le Vietnam de l’Armée rouge, le tombeau politique de la nomenklatura brejnevienne. La diplomatie se nourrit de symboles plus forts qu’une cuite à la vodka frelatée.