Politique / Les buveurs de petit-lait

Olivier Tasch / La coalition est «cliniquement morte». La déclaration ne vient pas de l’opposition à proprement parler mais de l’ancien ministre socialiste Robert Goebbels, juste après les élections communales d’octobre dernier.

Le leader de l’opposition faisait le même constat en décembre affirmant que le gouvernement était fini. Les partis de la coalition n’ont jamais fusionné, les différences de vues entre eux n’ont donc rien d’anormal. Certes. N’en demeure pas moins qu’en cette année 2018, année électorale, les partis de coalition donnent un peu tous l’impression de vouloir sauver leur peau et d’afficher leur différence. Hausse du salaire minimum pour Nicolas Schmit (LSAP), le DP de Bettel ne veut pas en entendre parler. Pour la réforme du stage dans la fonction publique, les ministres libéraux et Dan Kersch (LSAP), concerné au premier chef en tant que ministre du ressort, font des déclarations tous azimuts qui brouillent les pistes sur les intentions du gouvernement. Puis vint le clash entre les ministres de l’Economie et de l’Environement sur l’implantation d’une usine de yaourts…

Il va sérieusement falloir resserrer les rangs pour que la machine gouvernementale continue de tourner sérieusement dans les six prochains mois. Car en attendant, au CSV, champion des sondages, on boit du petit-lait. La préoccupation du moment est de savoir si la très populaire Viviane Reding se présentera au Centre, au risque de faire de l’ombre à Wiseler, ou au Sud où elle risque de siphonner des voix au président du parti, Marc Spautz. Le luxe en somme.