Politique / A qui mieux mieux

Olivier Tasch / C’est le calme plat. Depuis le 14 octobre, le capitaine Bettel est à bord d’un navire gouvernemental encalminé. On consulte, on écoute, on sonde, on examine, mais surtout on ne veut pas se précipiter. A bord du vaisseau amarré dans les locaux du ministère des Affaires étrangères, les trois partis promis au pouvoir débattent sans vouloir se laisser perturber par le tumulte qui, au-dehors, fait rage.

Car le peuple (dont les médias) n’est pas invité à bord. Pourtant, cela fait déjà un mois que l’électeur a rendu son verdict dans les urnes. Un long mois et toujours rien à se mettre sous la dent. Pas l’once d’une idée nouvelle, alors, forcément l’envie de spéculer devient irrésistible.

La spéculation peut être tout un art, une méthode pour tester des hypothèses. Mais, convenons-en, nous sommes là assez loin du journalisme. Qu’on veuille croire à une guéguerre socialiste entre les ministres Schneider et Schmit pour un strapontin européen est une chose, l’étayer en est une autre. C’est d’autant plus compliqué lorsqu’un protagoniste de la rumeur fait mine de ne pas être joignable et alimente de ce fait ladite «information». A croire que l’animal politique nage comme un poisson dans l’eau d’un océan de spéculations… En l’occurrence, son démenti un brin tardif aura ici permis à la rumeur d’alimenter l’actuelle maigre rubrique politique.

«Une information plus un démenti, cela fait deux informations pour le prix d’une», disait le journaliste et romancier Yvan Audouard.
«Et c’est toujours la fausse qui reste dans les mémoires», ajoutait-il.