Au pied de mon arbre…

Marie-Anne Lorgé / Déjà, il flotte une odeur de cannelle. Une envie de succomber au rituel de saison: plonger un carré de speculoos dans son café… De quoi te rendre sourd au vacarme ambiant. Sauf que.

Sauf que l’orgie financière te fait avaler de travers. Les banques se rabattent sur les Etats pour qu’ils trinquent, les Etats contre leurs citoyens pour les faire cracher. Et diviser ceux qui toussent de ceux qui s’évadent. Voilà la chronique de l’argent fou, dont le flux écrit des spirales insensées, incluant en l’occurrence l’enchère d’une œuvre de Vinci – un portrait, féroce ironie, du Sauveur du Monde! – pour 450 millions de dollars, «ce qui correspond quasiment à la moitié du coût du récent Louvre Abou Dhabi». Il ne manque plus qu’un lieu autrement luxueux, où le quidam, saignant ses économies, se presserait pour voir non pas le plus beau mais le plus cher tableau au monde.

Du calme, on respire! L’art n’a souvent rien à voir avec un marché. Ce serait oublier le pouvoir du jardinier… dont le bouturage table sur la Sainte-Catherine. Or, nous y sommes. Si le chapeau n’a plus (trop) la cote – celui de la tradition qui avoue l’âge des femmes encore célibataires (à 25 ans) en les coiffant de façon farfelue (le 25/11) –, l’arbre, lui, prend bien racine. «La tête si haut dans les nuages… qu’aucun homme ne puisse y planter un drapeau.»