Perquisition/Mauvaise presse

Jérôme Quiqueret / Un pas en avant, deux pas en arrière. Le jour où la justice décidait de suspendre la peine de six mois de prison avec sursis et 1.500 euros d’amende contre Antoine Deltour, qu’elle avait fini par reconnaître comme lanceur d’alerte, elle frappait à la porte de la radio 100.7, pour perquisitionner les lieux.

Pour l’édition 2019 de son classement mondial sur la liberté de la presse, il ne restera à Reporters sans frontières qu’à troquer l’expression «d’évasion fiscale» contre celle de «politiques» pour donner son avis sur le Luxembourg: «Le Luxembourg apparaît clairement plus soucieux de dissuader la presse d’enquêter sur les pratiques [politiques] en cours dans le pays que de protéger la liberté d’informer dans l’intérêt du public.»

S’agissait-il là d’une manière de respecter à moitié la liberté de la presse ou bien de simplement donner corps à l’intimidation du président de la Chambre des députés, Mars Di Bartolomeo? En tout cas, la police judiciaire s’en est allée sans perquisitionner, après que le rédacteur en chef de la radio socioculturelle eut affirmé qu’il n’était plus en possession des documents téléchargés.

Ce faisant, la justice a ignoré la procédure qui, lors d’une telle perquisition, veut que le Conseil de presse soit associé à la procédure en tant qu’organe de contrôle. C’est ce que rappelle l’Association luxembourgeoise des journalistes professionnels, qui s’étonne que les responsables de la faille informatique à la Chambre des députés n’aient pas à supporter la pression de la justice.