Peintre, écrivain et légionnaires: la Légion rend hommage à Zinoview et Cendrars

L’un, Alexandre Zinoview (1889-1977), était peintre, l’autre, Blaise Cendrars (1887-1961), écrivain, et tous les deux se sont engagés dans la Première Guerre mondiale au sein de la Légion étrangère, qui leur consacre une exposition dans son musée d’Aubagne.

Venu à Paris en 1909, espion avant d’être peintre, le Russe Zinoview fréquente les milieux artistiques de Montparnasse et s’engage, dès la déclaration de guerre, dans la Légion.

Egalement membre des milieux artistiques parisiens depuis 1912, le Suisse Blaise Cendrars s’engage aussi dès les premières heures du conflit et rédige un texte appelant les étrangers à s’engager. S’appuyant sur l’oeuvre de chacun des artistes, l’exposition traverse le premier conflit mondial. Outre de nombreux tableaux et dessins de Zinoview, sont exposés des extraits des écrits de Blaise Cendrars, des objets de la Légion et des films d’archives, soit une centaine d’oeuvres originales prêtées par des musées et des collectionneurs privés. Depuis les tranchées du front, Alexandre Zinoview ramène des séries de portraits de ses camarades de combat, saisis par la peur et l’effroi, sur fond d’explosions et de paysages dévastés. Il laisse également un récit intime de son périple dans des carnets de guerre. Les chemins des deux artistes se croiseront, sur le front, en Champagne, à la ferme Navarin où Zinoview est ambulancier. Blaise Cendrars, gravement blessé, vient s’y faire soigner. Un dessin du premier, montre ainsi l’arrivée d’un soldat, probablement Cendrars, bras en lambeaux, au poste de secours. « Le sang qui pissait, le froid qui me gagnait et la peur soudaine, la frousse intense de crever là, sur mon brancard », témoignera Cendrars. Amputé du bras droit, il est réformé en 1915.

Suivront des publications, écrites de la main gauche, racontant l’horreur de la guerre, « La Guerre au Luxembourg », (1916), puis « J’ai tué » (1918), illustré par Fernand Léger, avant « La main coupée » (1946).

Zinoview quittera quant à lui la Légion en 1919.

C’est en découvrant les tableaux de Zinoniew, exposés pour la première fois à Amiens en 1990, que Miriam Gilou-Cendrars, fille et biographe de Cendras disparue en juin 2018, a eu l’idée de croiser les oeuvres des deux artistes. « Zinoview Cendras, deux légionnaires dans la grande guerre, regards croisés d’un peintre et d’un écrivain », jusqu’au 6 janvier.