Paroles de jeunes / Marches pour le climat

Jacques Hillion / Ils sont jeunes et vendredi dernier, ils ont battu le pavé aux quatre coins de la planète pour, à l’aide de slogans directs, sans fioritures, exiger des politiques et des adultes une prise de conscience et des actions afin de lutter contre le réchauffement climatique. Au Luxembourg, ils étaient ainsi près de 15.000 à avoir répondu à l’appel de Greta Thunberg, égérie suédoise d’un mouvement de fond et certainement fondateur.

Fondateur parce que la mobilisation est impressionnante et que cet appel des jeunes à la responsabilisation est aussi un cri du cœur face à l’inertie des politiques et finalement de tout un chacun. Voilà un quart de siècle que les scientifiques réunis au sein du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) disent et répètent que l’on court à la catastrophe si on ne prend pas des mesures drastiques pour, au minimum, limiter le réchauffement climatique… et il ne se passe pas grand-chose.

Ces jeunes réussiront-ils là où les scientifiques marquent le pas?

Leur force est qu’ils ne défendent aucun intérêt, aucune politique mais une cause, celle de leur avenir. A leur manière, ils répètent que la solution est globale et que le changement doit être collectif. Ils montrent que l’écologie souvent vécue comme une contrainte, une empêcheuse de croître en tranquillité, est aussi une manière d’envisager le monde et notre futur. Le chemin est long et difficile tant il remet en cause notre modèle économique, son développement et les intérêts industriels.

Les uns agitent le spectre de la facture sociale qui sera lourde à payer. Imposer une réduction de 40% des émissions de CO2 menacerait ainsi le secteur automobile pour lequel treize millions de personnes travaillent en Europe. Volkswagen s’engage déjà dans cette voie en supprimant de 5.000 à 7.000 postes pour compenser la chute des ventes de diesel et les investissements dans l’automobile électrique. Les autres remettent en cause non plus la menace climatique mais son urgence et ce qu’ils nomment la «doxa catastrophique». Cette jeunesse, qui est descendue dans la rue, ne s’embarrasse pas de ce débat ni des contraintes de nouveaux modes de consommation qui permettraient d’atténuer les dégâts. Leur discours est exempt de tours et détours: il faut changer notre modèle et il faut le faire rapidement. Et à ce sujet, ils se sont clairement fait entendre!