Parlement européen: des députés perturbent la session en soutien aux interprètes en grève

European Commission President Jean-Claude Juncker (R) and European Parliament President Antonio Tajani arrive for a review of the Bulgarian Council Presidency during a plenary session at the European Parliament

Des eurodéputés ont provoqué une interruption de la séance plénière du Parlement européen mardi matin à Strasbourg, pour soutenir les interprètes de l’institution en grève mais réquisitionnés d’office.

Quelques minutes après le démarrage de la session, quelques eurodéputés, dont les Français José Bové (Verts) et Edouard Martin (socialiste) se sont rendus dans un local de régie technique où ils ont coupé l’alimentation.

Leur action a empêché la poursuite du travail de traduction et entraîné une interruption de fait de la session.

L’interruption des débats, qui devaient démarrer avec des interventions du Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et du Premier ministre bulgare Boyko Borissov, a duré environ une demi-heure.

« Nous n’en savions rien, nous avons été surpris comme les autres, mais nous sommes ravis de ce qu’il s’est passé », a indiqué à l’AFP une source syndicale parmi les interprètes.

Le président du Parlement européen, l’Italien Antonio Tajani, a regretté à la reprise de la session que des eurodéputés aient voulu « jouer un rôle de syndicaliste ». « Les discussiosns sont entre les interprètes et l’administration, il ne leur appartenait pas d’intervenir », a-t-il dit devant l’hémicycle. Depuis plusieurs semaines, les interprètes du Parlement européen mènent une grève sur leurs conditions de travail, mais se voient réquisitionnés d’office pour les réunions importantes et les sessions plénières. « Nous sommes ici quelques députés pour soutenir les interprètes et on a réussi à bloquer les micros de manière à ce que leur message soit enfin entendu », a expliqué l’eurodéputé socialiste et ancien syndicaliste Edouard Martin, dans une courte vidéo diffusée sur son compte Twitter.

Le député écologiste français, José Bové, a expliqué à l’AFP qu’un « intergroupe de défense des droits des salariés du Parlement européen » d’une quinzaine d’eurodéputés de groupes politiques différents s’était constitué pour défendre la droit à la grève des interprètes.

Le Parlement européen dispose du plus grand service d’interprétation au monde. Les séances plénières de Strasbourg et de Bruxelles sont disponibles dans les 24 langues officielles de l’Union européenne, ce qui fait 552 combinaisons possibles. Chaque député a le droit de s’exprimer dans la langue officielle de son choix.

Le mécontentement des interprètes portent non sur leur salaire ou leur statut, mais sur les conditions horaires de travail. Ils réclament que la durée quotidienne passée dans la cabine d’interprétation soit limitée à 7 heures et demie – alors que la direction du Parlement veut la faire passer de 7 à 8 heures -, qu’ils n’aient pas plus de deux missions d’interprétation en soirée par semaine et que le temps entre leur première mission de la journée et leur dernière n’excède pas onze heures.