Parés pour 2015

490_0008_14121313_12_1_5Maurice Magar, Thierry Nelissen et Olivier Tasch / Partis et syndicats saluent aussi l’an neuf.

Comme le veut la tradition, le peuple CSV se souhaite la bonne année à Niederanven. La soirée n’est pas rehaussée par la présence de Jean-Claude Juncker – le président de la Commission est en Lettonie –, mais par celle de Luc Frieden qui a fait le voyage avec sa femme depuis Londres. Avant l’agape, le secrétaire général, Laurent Zeimet, ouvre le bal des discours. Succinct, il s’en réfère aux attentats contre Charlie Hebdo, insiste sur la nécessité de défendre la liberté d’expression, avant de souligner qu’il ne faut pas «céder à la peur, à la haine et à l’intolérance».
Vient ensuite le tour du président, Marc Spautz, tout vêtu de sa faconde syndicaliste. Après avoir plongé dans l’auto-célébration d’un parti «dynamique», malgré la perte de deux poids lourds que sont Luc Frieden et Jean-Claude Juncker. Ce dernier faisant «la fierté du CSV en Europe», au même titre que Jacques Santer. L’Europe c’est aussi le scrutin du 25 mai, «une victoire grandiose grâce à l’équipe constituée autour de Viviane Reding». Après les louanges, viennent les reproches à l’encontre du gouvernement. Lequel a connu «des pannes en série, a enlevé le choix aux familles de vivre comme elles l’entendent, sans parler du petit chaos autour du prélèvement de 0,5% ou de la filière francophone».
Le président du parti a presque coupé la chique à son collègue président de fraction, Claude Wiseler, avec son style plus posé. Lequel concède que le CSV a eu «du mal à trouver sa place dans l’opposition». «Mais, interroge-t-il, s’opposer à quoi? La déclaration gouvernementale est maigre, la révolution copernicienne promise par le ministre des Finances c’est une montagne qui a accouché d’une souris. Le scénario de croissance du PIB retenu pour 2015 est faux. Ce n’est pas Copernic mais Nostradamus.» Vient le droit de vote des étrangers, «un sujet sensible». Et, pour le CSV, l’alternative est simple: la participation politique des étrangers via la naturalisation.

«Année Charlie»

490_0008_14122681_20150113greng3Composante la moins fournie de la coalition, les Verts gardent le cap, cultivent leur pré carré… et évitent les sujets qui fâchent. Un temps critique de la ministre de la Culture, Maggy Nagel, Christian Kmiotek n’abordera pas le sujet devant la centaine de militants réunis au CarréRotondes. «Oh, je ne fais pas des discours de huit heures, à la Castro, rigole le coprésident des écologistes. Bien sûr que la culture est importante, mais on ne peut pas parler de tout.» Par contre d’écologie, de développement durable, de changements sociétaux, il en est bien question, puisque ce sont les vraies «valeurs vertes». «Avec les investissements du tram, les Verts assurent l’avenir», note-t-il. Pour lui, le grand enjeu de l’année n’est pas au pays: c’est le sommet sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre. Et de s’inquiéter qu’on puisse relâcher la vigilance sur les économies d’énergie à l’heure où les prix du pétrole se sont effondrés. Tribun et combattant, un peu voltairien, Kmiotek réserve ses piques au principal parti d’opposition, le CSV.
Pour Sam Tanson, sa coprésidente, 2015 sera «l’année Charlie». Une année de tolérance et de diversité. Ponctuée par le référendum et sa fameuse question sur l’accès des étrangers aux législatives, mais aussi le rôle de l’Etat dans le financement des cultes. Oui, Charlie, c’est aussi au Luxembourg, qui n’échappera pas plus que la France voisine à une réflexion sur la démocratie et la libre expression. Les autres défis sont la réforme fiscale, celle du congé parental ou la loi sur le divorce.
490_0008_14122428_20150113dp3A l’occasion des vœux du DP, Xavier Bettel endosse son costume de président du parti. Dans un bref discours, il revient sur les événements de Paris. S’il juge nécessaire de donner plus de moyens au Service de renseignement – contrairement à l’avis du Conseil d’Etat –, il ne veut pas céder à la panique et insiste sur la défense des libertés individuelles. Gilles Baum, secrétaire général du parti, évoque le référendum du 7 juin, «le grand rendez-vous démocratique». «Nous sommes en train de nous coordonner avec les autres partis de la majorité pour organiser une campagne. La position du DP est claire: nous nous engagerons pour quatre « oui » afin de moderniser le pays.» Enfin, le président du groupe parlementaire Eugène Berger se permet une petite rétrospective. 2014 aura surtout été marquée par le budget: «Nous avons fait preuve de courage. La hausse de la TVA était inéluctable.» Cette année est placée sous le signe des travaux préparatifs pour la réforme fiscale de 2017.
490_0008_14122695_13_01_2015_Editpress_003734Le syndicat des cheminots (FNCTTFEL) clôt le bal des vœux. Son président Guy Greivelding met en garde contre les futures tentatives de libéralisation des transports publics. Le discours est bref, puisque le Landesverband a déjà les yeux rivés sur le congrès des 29 et 30 janvier. Ce sera le dernier de Guy Greivelding.