Papadakis et Cizeron: très investis dans la création, trahis par leur costume

France's Gabriella Papadakis and France's Guillaume Cizeron

Les patineurs Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron s’investissent beaucoup dans la création des tenues qu’ils portent, mais c’est – ironie du sort – une tenue qui se détache en pleine danse qui les a affaiblis lundi aux Jeux de Pyeongchang.

« Ce sont les seuls qui aiment vraiment suivre du début à la fin la création et la confection du costume », estime Sophie Thomas, la couturière lyonnaise qui a fabriqué toutes les tenues du couple de danseurs depuis six ans. « On a beaucoup de compétiteurs qui nous donnent leur musique et après, on se débrouille à faire le design et ils choisissent celui qui leur plaît le mieux.

Mais Gabriella et Guillaume aiment vraiment suivre de A à Z le processus », explique celle qui habille également l’ensemble de l’équipe de France ainsi que d’autres patineurs internationaux. « On a souvent des idées très précises de ce qu’on veut, on a des goûts aussi un peu particuliers, on a envie de contrôler vraiment ce qu’on porte », expliquait Cizeron à l’AFP fin septembre à Lyon, au moment de découvrir les costumes qui allaient accompagner l’hiver olympique des doubles champions du monde (2015 et 2016) et quadruples champions d’Europe en titre. « Avec l’expérience, on a des préférences aussi, sur le type de forme, de tissu, de matière… », ajoute-t-il. Couleurs, formes, modèles, pour imaginer leurs futures tenues de scène, Papadakis (22 ans) et Cizeron (23 ans) commencent par se concerter avec leurs entraîneurs à Montréal. « En fonction de ça, je prépare souvent des petits croquis, puis je les envoie à Sophie », raconte Cizeron. L’ex-danseuse sportive devenue couturière en étudie alors la faisabilité, propose ses idées et d’éventuelles modifications, avec une série d’impératifs toujours présents à l’esprit: « faire des tenues vraiment esthétiques, à l’image du patineur et du programme, qui les embellissent, et en même temps très confortables, pour ne pas le gêner dans l’exécution des mouvements ni les dénaturer ».

Le plus souvent, ça passe par des matières élastiques. « Le but, c’est aussi d’amplifier les mouvements, il ne faut pas que ça les raidisse, il faut que ça mette en valeur leur patinage, leurs éléments techniques », complète l’entraîneur du duo clermontois, Romain Haguenauer. « Un programme ne se fait pas avec une tenue mais si on a une tenue qui ne va pas bien avec le programme, qui ne met pas en valeur la chorégraphie, ça peut faire perdre beaucoup d’intérêt », souligne Papadakis. Pour la danse courte aux rythmes latinos imposés en cet hiver olympique, « l’idée, c’est d’avoir quelque chose de très sexy, qui se remarque, qui se détache un peu du lot. Par la couleur notamment », décrivait Cizeron. Papadakis opte pour un top, retenu par un tour de cou et deux fines bretelles, et une jupe aux franges vertes et dorées abondemment strassés.

Un ensemble qui a demandé une douzaine d’heures de travail pour la confection et la peinture des franges, plus une vingtaine d’heures rien que pour poser les strass. Ce qui a fait grimper en flèche son prix, autour de 2.800 euros. A titre de comparaison, la longue robe bleue aérienne, largement échancrée dans le dos, qu’elle portera mardi pour la danse libre – une « forme très simple qui demande d’être parfaitement ajustée », selon Sophie Thomas – ne coûte qu’environ 400 euros. Cette tenue latino, dont Papadakis prenait soin de consolider les agrafes par quelques points de couture avant de patiner, c’est « de loin » la plus chère de sa carrière, disait-elle à l’AFP fin septembre. L’ironie du sort veut que ce soit celle-là qui lui ait joué un mauvais tour sur la glace de Gangneung en se détachant au pire moment, dès les premiers instants de leur toute première expérience olympique