Qui ose répondreà Greta Thunberg? / Pourquoi pas?

La jeune Greta Thunberg a récidivé! Après son passage courageux à la COP 24 à Katowice en décembre dernier, la voilà qui rempile à Davos pour faire passer son plaidoyer pour le climat. «Je ne veux pas de votre espoir mais je veux que vous commenciez à paniquer», avertit Greta Thunberg à Davos. Elle a poursuivi que «la perspective du réchauffement climatique devrait instiller la peur chez les dirigeants du monde entier et les pousser à l’action».

Après les deux apparitions extrêmement bien mises en scène et médiatisées ainsi que son mouvement de mener depuis août dernier une «grève» du climat, séchant les cours tous les vendredis pour aller protester devant le Parlement suédois, tous les décideurs politiques et économiques la félicitent pour son engagement, mais ne lui répondent pas.

Qui ose lui répondre?

A ce jour, le monde continue de se diriger vers un réchauffement climatique aux conséquences dramatiques. Lors de la COP 24, le constat a été amer. Tout retard dans l’action rendra plus difficile et plus coûteux les réponses au changement climatique.

Le Luxembourg, durant la présidence européenne, a été en 2015 un acteur important pour arriver à l’accord de la COP 21 à Paris. Mais depuis, beaucoup de pays ont pris des initiatives respectives, des règlementations innovantes pour se positionner dans le débat climatique.

Pourquoi le Luxembourg ne se fixe-t-il pas comme objectif ambitieux de devenir le champion de l’écologie en montrant la voie, en donnant l’exemple à suivre?

Cette approche a tellement bien réussi pour le secteur financier au Luxembourg, où l’expertise et le savoir-faire ont été utilisés pour faire de la Place financière un des atouts du Grand-Duché (également en finance verte), à la pointe de la technologie.

A titre d’exemple, la Scandinavie, où un signal fort vient des quatre partis les plus importants de Norvège, qui envisage d’interdire les ventes de véhicules diesel et essence sur leur territoire national dès 2020.

Au Luxembourg, un tel message fort est totalement absent. Plusieurs pays ont interdit les sacs en plastique depuis plusieurs mois. Le Luxembourg a suivi seulement en début d’année. Aucune initiative ambitieuse pour associer les communes à un projet innovant.

Pour devenir un champion de l’écologique, il faut faire plus que suivre uniquement des initiatives, il faut prendre les devants avec des décisions courageuses en concertation avec les citoyens, les communes, la société civile et tous les acteurs politiques et économiques en suivant une stratégie nationale élaborée en commun. La récente annonce de rendre gratuits les transports publics, potentiellement intéressante au niveau écologique, est décrite par le gouvernement comme mesure principalement sociale et décriée par les professionnels, faute d’offre de service nécessaire. L’exemple des gilets jaunes en France doit nous avertir sur la voie à éviter lorsqu’on veut fédérer sur un sujet tel que l’écologie. Soyons plus ambitieux, il y va de notre avenir! Le Luxembourg pourrait avoir une belle carte à jouer pour s’ériger en champion de l’écologie et prendre le leadership dans ce domaine.

Maurice Bauer