Orban au Parlement européen pour un débat sur l’Etat de droit en Hongrie

Hungary's Prime Minister Viktor Orban

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban interviendra lors du débat sur l’Etat de droit en Hongrie qui se tiendra mardi lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg (est de la France), a-t-on appris jeudi auprès de l’institution.

Les eurodéputés devront se prononcer sur le déclenchement de la phase préliminaire de l’article 7 sur le respect de l’Etat de droit contre la Hongrie, une procédure rarissime dans l’UE puisqu’elle vient seulement d’être déclenchée contre la Pologne.

Le débat aura lieu mardi après-midi et le vote mercredi midi. La Conférence des présidents — qui regroupe le président de l’hémicycle et les chefs de groupe — a donné son feu vert à la venue de M. Orban. Son cabinet a confirmé sa présence à l’AFP. M. Orban interviendra une seule fois, en préambule du débat.

Les eurodéputés sont appelés à se prononcer sur une résolution demandant au Conseil (les Etats membres) de « constater l’existence d’un risque clair de violation grave par la Hongrie des valeurs sur lesquelles l’UE est fondée » dans le cadre de l’article 7 du traité sur l’UE.

Le rapport de l’eurodéputée Judith Sargentini (Verts) énumère les « préoccupations » du Parlement, qui portent sur le « fonctionnement du système constitutionnel et électoral », « l’indépendance de la justice », « la corruption et les conflits d’intérêts » ou encore diverses libertés individuelles ainsi que les droits des réfugiés.

Le texte doit recueillir la majorité absolue et les deux-tiers des suffrages exprimés, ce qui laisse présager un vote serré. Le choix des eurodéputés du PPE (Parti populaire européen, droite), principal groupe politique au Parlement qui est aussi celui du groupe Fidesz de M. Orban, sera scruté. Le chef de file du groupe PPE au Parlement, Manfred Weber, a assuré qu’il ne pouvait y avoir de « traitement de faveur dans la famille du PPE sur les questions des valeurs fondamentales ». Pour autant, il a estimé inopportun d’exclure le Fidesz du PPE. « Il appartient au PPE de clarifier ses positions. Il sera intéressant de voir ce que donnera le débat au Parlement européen sur la Hongrie.

L’année dernière, il y a des élus conservateurs qui ont défendu la Hongrie. On ne peut pas tout la fois être du côté de la chancelière (Angela) Merkel et du Premier ministre Orban, c’est une certitude », a réagi jeudi le président français Emmanuel Macron, qui s’est posé en « opposant principal » à Viktor Orban. « Pour ma part j’ai toujours défendu mon pays et mes valeurs avant quelque parti que ce soit, la clarification est du côté des conservateurs », a estimé Emmanuel Macron lors d’une consultation citoyenne au Luxembourg.

« Nous demandons au Conseil de faire sa propre enquête. C’est énorme d’un point de vue politique mais les effets ne se feront pas sentir immédiatement », a expliqué de son côté l’eurodéputée des Verts Judith Sargentini.

La procédure de l’article 7 a été lancée pour la première fois fin décembre 2017 contre la Pologne, à l’initiative de la Commission européenne. Elle en est pour l’instant à un stade préliminaire: Varsovie était venu défendre ses réformes controversées fin juin au sein du Conseil des ministres des Affaires européennes. La Hongrie est par ailleurs sous le coup de plusieurs procédures d’infraction lancées par la Commission européenne: non-respect de la législation de l’UE en matière d’asile, loi qui rend passible de poursuites pénales l’aide aux migrants, financement des ONG et loi sur l’enseignement supérieur.